La seconde moitié du XVIIIe siècle français est une période exceptionnellement riche dans le domaine des arts. D'influents mécènes n'hésitent pas à dépenser des sommes colossales pour s'offrir les oeuvres des meilleurs peintres, sculpteurs, architectes, horlogers, ébénistes, menuisiers, bronziers de l'époque.

Dans le domaine particulier des arts décoratifs, les découvertes des cités romaines dans la région de Naples engendrent un tout nouveau style, le Néoclassicisme. Au sein de cet important renouveau décoratif, les bronzes d’ameublement, et, à l’intérieur de celle-ci, les pendules, connaissent une période de création sans précédent.

Une des grandes nouveautés réside dans l’intégration de porcelaine dans leur décor. Les pendules sont agrémentées de plaques de porcelaine polychrome réalisées à la Manufacture royale de Sèvres.

Pendule de cheminée en bronze finement ciselé et doré et plaques de porcelaine de Sèvres, époque Louis XVI Pendule de cheminée en bronze finement ciselé et doré et plaques de porcelaine de Sèvres, époque Louis XVI

C'est Dominique Daguerre qui est à l’origine de la création du modèle présenté par La Pendulerie. Pour y parvenir, Daguerre fit intervenir les meilleurs artisans du moment: l’émailleur Georges-Adrien Merlet et l’horloger Renacle-Nicolas Sotiau. Le cadran circulaire émaillé, signé Sotiau à Paris, indique les heures en chiffres romains, les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes, les quantièmes du mois et les jours de la semaine, par quatre aiguilles, dont deux repercées en bronze doré et deux en acier poli.

Sotiau est considéré comme le plus talentueux représentant de l’horlogerie de luxe parisienne pendant la décennie qui précède la fin de l’Ancien Régime.

Détail de l'horloge par Renacle-Nicolas Sotiau Détail de l'horloge par Renacle-Nicolas Sotiau

Détail de l'émail par Georges-Adrien Merlet Détail de l'émail par Georges-Adrien Merlet

La caisse en bronze doré peut être attribuée soit à François Rémond (vers 1747-1812), soit à Pierre-Philippe Thomire (1751-1843), deux des plus importants bronziers parisiens du temps avec lesquels Daguerre collabora en exclusivité.

Cette pendule a été déclinée uniquement en trois exemplaires, tous commandés par de grands collectionneurs européens, ce qui participe à en faire un modèle d'exception. Commandée par le duc et la duchesse de Saxe-Teschen, elle a également une provenance unique.

On a même retrouvé des dessins envoyés par Daguerre au duc de Saxe-Teschen, qui faisait ainsi découvrir à cet important collectionneur les pièces disponibles à la vente dans son magasin parisien.

L'une des planches envoyées par Daguerre au duc de Saxe-Teschen et à son épouse L'une des planches envoyées par Daguerre au duc de Saxe-Teschen et à son épouse

De nos jours, les plus grandes collections internationales conservent des pendules de Sotiau. Parmi les plus notables, la Walters Art Gallery de Baltimore, la Frick Collection à New York, la collection Huntington à San Marino ou le Musée national du Château de Versailles présentent toutes des modèles de cet horloger d'exception.

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