Le public ouvre ses pupilles et découvre avec stupeur et enchantements une série d'œuvres des génies du Street Art internationaux et de la sculpture contemporaine suisse.

Reka One Image via Facebook Reka One
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Le comité, composé par le président, Monsieur P.Barras, le directeur artistique et fondateur, Monsieur G.Pages, Monsieur C.Nivoix, Madame R.Spennato, Monsieur P.Perrenoud, et Madame H.Whittin, a travaillé nuits et jours depuis 3 années pour réunir des artistes de renommée mondiale dans le milieu du street art.

Intégrer des œuvres «grand format» aux bâtiments de la station suisse est un challenge que le comité a gagné avec succès.

Greg Mike  Image via mtn-world.com Greg Mike
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Photo credit: @arrestedmotion_sal Photo credit: @arrestedmotion_sal

Du haut de son télésiège, Monsieur Gregory Pages s'imagine remplir ces camaïeux de gris avec des couleurs flashy, des formes surréalistes pour sensibiliser mais surtout amuser les futurs amateurs de poudreuse immaculée. Pari réussi!

vaf_map Le plan des performances street art

Nous avons interrogé ce grand monsieur, aux multiples facettes (il gère la galerie Frank Pages) sur ce festival hors du commun:

Quelle fut votre inspiration pour cette première édition?

J'étais sur le télésiège du mur de Cry d'Err, et j'ai pensé qu'une palette de couleurs au milieu de la station, dominée par le gris et le blanc (l'hiver) serait une excellente idée. Nous avions déjà reçu l'artiste Hebru Brantley en Octobre qui avait «ouvert» le festival, ainsi que les 2 artistes iraniens Icy & Sot, dont vous pouviez déjà admirer leurs œuvres respectives l'hiver dernier. Nous avons voulu mêler la créativité du street art au côté nature qu'offre les montagnes valaisannes. Le cadre s'y prêtait parfaitement et les artistes ont adoré le concept.

Comment avez-vous organisé ce festival?

Il nous a fallu 3 années pour rassembler les 18 artistes présents, convaincre la commune de nous accueillir, trouver des sponsors. Ensuite arrive l'infrastructure, avec plus de 10 grues, 2000 bonbonnes de peinture en spray, 300 kilos de dispersion, plusieurs installations pour la lumière...et bien sûr des dizaines et des milliers de mails échangés!

Quelles sont les techniques employées par les artistes en majorité?

Du spray, du pinceau, voire les 2 pour certains et le pochoir. Il a plu les 3 premiers jours du festival. Les artistes, ne pouvant pas travailler, ont profité pour découvrir le Valais et s'imprégner de l'environnement suisse. Plusieurs ont changé leur idée de départ et ont basculé sur d'autres concepts.

Un festival Visions en 2016?

Bien sûr! Avec un autre thème que la sculpture. Nous souhaitons mélanger plusieurs formes d'art inédites au street art. Je ne peux vous donner d'indices sur la prochaine édition mais nous réservons de belles surprises. La commune de Crans Montana a été un de nos plus grands soutiens et les retombées sont très positives au sein de la station mais aussi dans le reste du monde.

Comment les artistes ont-ils vécu ce festival?

Peindre dans un cadre tel que le Valais fut mémorable. Ils ont parfaitement intégré le thème de la nature, des glaciers, de l'environnement. L'empreinte de cette aventure se ressent dans leurs œuvres. Certains n'étaient jamais venus en Suisse, ce fut un vrai coup de foudre pour la plupart d'entre eux.

Allez-vous étendre le festival à d'autres stations ou villes suisses?

Pour le moment, le festival est jeune, nous attendons encore les retours du public, des critiques des médias. Mais nous avons des idées dans nos tiroirs pour de futures collaborations, en gardant toujours le street art en partie dominante du festival.

Votre sentiment premier sur cette édition 2015?

HAPPY! Beaucoup de souvenirs uniques et surréels!

En attendant d'apercevoir le premier manteau blanc qui habille nos belles montagnes, vous pouvez contempler depuis une semaine, les peintures oniriques, surréalistes, des artistes comme Hebru Brantley (USA), Icy & Sot (Iran), 2 Alas Pietro Rico (Cuba), Angry Woebots (Hawaï), Leza One (Suisse), Greg Mike (Miami), Rustam Qbic (Russie), Remed (France), James Reka (Australie), Okuda (Espagne), Joshua Keen Valencia (Los Angeles), Nevercrew (Suisse), Chor Boogie (USA), Rodrigo Branco (Brésil), Felipe Pantone ( Espagne), Toz (Brésil), Jasm.1,Cédric Kesa & Demes (Collectif 21, Suisse).

Côté sculpture, l'artiste Vincent Edmond Louis nous livre une réplique de la célèbre fontaine de Marcel Duchamp, poursuivie par des versions identiques mais minimalistes, pour marquer une cassure entre le lac et les montagnes.

Vincent Edmond Louis Water Fountain Image via instagram Vincent Edmond Louis
Water Fountain
Image via instagram

Le cheval à bascule hors normes de Dan Acher, nous invite à plonger dans nos souvenirs d'enfance, tout en observant la fusée en PVC, des artistes Gypsberg & Goguesev, à l'intitulé « SORRY », comme un pardon universel au manque de prise de conscience général sur les risques du réchauffement climatique.

Nous nous empressons de finir l'été indien, pour chausser nos skis, et refaire le parcours sensible, subtil, de cette vingtaine d'artistes qui, en l'espace-temps d'une semaine, ont réussi à changer le visage de la merveilleuse station valaisanne, pour toujours...

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