Les 123 Exposants de cette édition vous accueillent dans un tout nouvel écrin haut en plafond, autour d’une nef centrale tapissée de miroirs en son centre avant de vous faire accéder au saint des saints. Design élégant et sobre des circulations et des façades, moquettes moelleuses, le mauvais gout reste à la porte et c’est tant mieux. Seuls les intérieurs des stands diffèrent selon les envies et possibilités de chaque exposant.

Saluons en tout cas la coupe drastique faite cette année parmi les exposants joailliers qui au fil des dernières éditions avaient fini par faire ressembler cet évènement, dédié comme son nom l’indique aux antiquités, en une annexe toujours plus grandissante de la Place Vendôme.

Photo: JCA Photo: JCA

L’écrin ne décevant pas, penchons-nous maintenant sur ce qui finalement importe le plus car perdurera bien au-delà de ces dix jours d’exposition : le contenu.

Parmi les regrets, une confirmation du manque de pièces vraiment majeures, quel que soit la spécialité, sur toutes grandes foires internationales de cet acabit depuis quelques années. Finalement la faute de personne puisque nombre de chefs d’œuvres qui faisaient autrefois l’émerveillement des visiteurs sont désormais dans de grandes collections privées desquelles ils ne bougent pas ou peu.

Du coup, une multitude de Miro pas vraiment mirobolants, des Chagall en nombre mais peu excitants excepté un « Coq Bleu » de 1960 repéré chez Taménaga. Des peintures anciennes toujours et encore repeintes et vernies de frais, ce qui est dommage mais parait-il plus vendeur que d’y déceler la patine du temps ! Enfin, quelques très rares pièces d’archéologie absolument sur-restaurées et qui n’auraient jamais dû passer le filtre du vetting.

Cependant et c’est là tout l’intérêt de ce type de manifestation, la bonne surprise et le coup de cœur peuvent surgir au coin de chaque allée et parfois là où on s’y attend le moins.

Personnellement, j’ai dès l’entrée été attiré par un superbe haut relief en aluminium et cuivre intitulé « Genèse » de l’Artiste Claude Mercier présenté à 45.000 € par la Galerie Martel Greiner de Paris. Œuvre murale grand format à la matière intéressante. Juste en face et sur le stand Yves Gastou, la bonne surprise de revoir quelques beaux bronzes de Jeanclos dans le même ordre de prix.

Un peu plus loin sur le grand espace de la Galerie Steinitz, une imposante  peinture de l’Artiste français réaliste fantastique Claude Verlinde qui encadre avec bonheur un mobilier ancien parfois trop clinquant.

Aux antipodes, un petit stand en bout d’allée, celui de Damien Boquet Art (Paris) recelant plusieurs œuvres surréalistes  fort intéressantes, notamment une petite encre de chine d’Alberto Savinio (le frère malheureusement peu connu du célèbre Giorgio De Chirico) ainsi qu’un magnifique collage et technique mixte de 1946 de l’Artiste américain Pousette Dart présenté à 60.000 €.

En archéologie, une palette à fard en forme de taureau, pierre verte atemporelle  bien que de 5500 d’âge à découvrir sur le stand Harmakhis de Bruxelles, une pure merveille. Sur le stand voisin des Genevoix Sycomore  Ancient Art, un petit buste en pierre captivant du souverain égyptien Ang Kor de la 26ème dynastie pour lequel il faudra quand même débourser 80.000€

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Pour ce qui est des Arts Précolombiens et Océaniens chers à mon cœur, je salue ici mon confrère Santo Micali de la Galerie Mermoz qui a su par un stand judicieusement conçu et parfaitement mis en lumière mettre en exergue quelques très belles pièces majeures de notre spécialité.

Un coup de cœur tout personnel (eh oui même le spécialiste peut être encore bluffé et étonné fort heureusement) sur une des plus grande et intéressante stèle de culture Valdivia d’Equateur (3500 – 2000 avant JC) qu’il m’ai été donné de voir jusqu’ici ainsi qu’un très curieux personnage coffret de culture téotihuacan du Mexique, œuvre parfaitement atypique et en parfait état de conservation.

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Enfin et pour ponctuer cette visite, une grande pièce d’Océanie qui m’a interpellé dès l’entrée du stand d’Antony Meyer par sa matière érodée, sa puissance tout comme son intériorité. Une divinité Yimar (bois dur, noirci et minéralisé de 1,30 m de hauteur) de Mélanésie, sud du Moyen-Sepik et sculptée dans un bois daté du XVIIème siècle de notre ère par Carbonne 14.

Courtesy of Galerie Meyer Courtesy of Galerie Meyer

On ne peut quitter ce Grand Palais sans jeter un œil toujours admiratif à cette immense verrière coiffant l’ensemble et qui conserve à Paris, son caractère unique et incontestable de capitale des Arts. Une très belle évasion dont chacun a besoin en ces temps agités.

La Biennale des Antiquaires, Antiquités-Beaux-Arts-Joaillerie, Grand Palais du 10 au 18 septembre 2016. Plus d'informations sur www.biennale-paris.com.

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