Depuis fin 2015, la Pinacothèque est placée en redressement judiciaire. Elle a été contrainte de fermer ses portes lundi 15 février, interrompant prématurément l'exposition en cours consacrée aux photographies de Karl Lagerfeld.

L'exposition consacrée à Karl Lagerfeld à la Pinacothèque de Paris a prématurément fermé ses portes © DPA/ JENS KALAENE L'exposition consacrée à Karl Lagerfeld à la Pinacothèque de Paris a prématurément fermé ses portes
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À l'origine des difficultés du musée parisien: une fréquentation en berne et des loyers exorbitants. En deux ans seulement, la Pinacothèque a perdu entre 20 et 25% de ses visiteurs. Les attentats du 13 novembre 2015 leur ont asséné le coup fatal.

Cette "chute impressionnante ne permet plus de conserver des sites aussi coûteux", explique son président Marc Restellini, qui se fixe comme objectif "un redéploiement à moyen terme dans des locaux plus supportables économiquement".

L'entrée de la Pinacothèque de Paris Photo: JACQUES DEMARTHON/AFP L'entrée de la Pinacothèque de Paris
Photo: JACQUES DEMARTHON/AFP

Fondé en 2003 par l'historien d'art et actuel directeur Marc Restellini, la Pinacothèque possédait des locaux dans le quartier de la Madeleine à Paris, un quartier plus associé au luxe qu'à la culture. Son espace de 2000 mètres carrés a accueilli de belles expositions pour lesquelles le succès fut au rendez-vous: 450 000 visiteurs pour l'armée chinoise en terre cuite de l'empereur Qin en 2008, 700 000 pour le XVIIe siècle hollandais en 2010.

"Je me suis régalé pendant treize ans, et je suis particulièrement fier de certaines de nos expositions, comme "Pollock et le chamanisme" ou "Van Gogh-Hiroshige". Je n'ai pas de regrets", confie Marc Restellini.

Cette fermeture ne signifie pas pour autant la fin de la Pinacothèque. Son objectif est désormais d'ouvrir à Paris, "sous trois à quatre ans", un nouveau site consacré à l'art contemporain et un autre à la sculpture et aux arts premiers dans des locaux "plus supportables économiquement". Des discussions sont également en cours avec des institutions internationales pour lancer de toutes nouvelles structures "en Asie ou au Proche-Orient".

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