Cécile Schall, 2013  © Thomas d'Aram Cécile Schall, 2013
© Thomas d'Aram

Quand et comment est né fotofever?

fotofever est né en 2011, par le lancement de la première édition de fotofever paris en même temps que Paris Photo, puisque tous les collectionneurs sont dans la capitale pour l'occasion.

Auparavant, j'ai travaillé en marketing dans l'agro-alimentaire et dans les services, puis pendant 4 ans auprès de Will Ramsay, fondateur et organisateur de foires d'art contemporain telles que Pulse, Affordable Art Fair et Art Hong Kong (devenue Art Basel Hong Kong). J'ai voulu dédier une foire à la photographie pour mettre en avant ce médium d'aujourd'hui et de demain.

Qu'est-ce qui différencie fotofever des autres foires de photographie ?

Il y a peu de foires dédiées à la photographie. La plupart des foires de photographie sont ouvertes à l'ensemble du spectre de la photographie, du vintage au contemporain. Il y a vingt ans, c'était important pour elles de le faire car la photographie contemporaine n'existait pas sur le marché. fotofever ne présente que de la photographie contemporaine. A part quelques exceptions, la foire présente uniquement des artistes vivants. Nous donnons un coup de pouce aux jeunes talents qui seront les grands noms de demain.

Pourriez-vous décrire fotofever en trois mots ?

Je dirais l'audace –de lancer une foire malgré la concurrence- , la passion –pour la photographie et ses jeunes artistes - , le travail –pour convaincre nos galeries de participer à notre foire et pas une autre-.

Quelle est la collection privée que vous allez exposer cette année ?

On a créée un partenariat avec une collectionneuse que l'on adore et qui nous adore ! Elle s'appelle Galila Barzilaï Hollander, elle collectionne tout sauf la peinture. Sa plus grande satisfaction est de découvrir les talents de demain, elle a vraiment la fever de l'art! Elle a déjà présenté ses oeuvres autour du thème de l'œil en 2012 et de l'argent en 2014. Cette année, la thématique choisie est la chaise. C'est une vraie confiance des collectionneurs qui nous confient leur « bébé » le temps de la foire et c'est un vrai bonheur de travailler avec Galila.

Parlez-nous de fotoprize. Qui en compose le jury ?

fotoprize est un prix qui s'attache à promouvoir et à mettre en lumière les talents de demain. Ce concours s'adresse aux jeunes diplômés des écoles d'art françaises. On offre une belle visibilité au lauréat : une exposition lors de la 4e édition de fotofever paris avec des tirages réalisés par le laboratoire Picto, une publication de son travail dans la revue Fisheye et dans le quotidien en ligne L'Œil de la Photographie, une vidéo à son propos produite par l'Agence coandco, une double page dans le catalogue fotofever 2015 et une exposition personnelle à la galerie baudoin lebon début janvier 2016.

Le jury est composé de Nathalie Gallon (directrice artistique), Ericka Weidmann (rédacteur en chef de L'Œil de la Photographie), Laure Fauvel (lauréate 2014), Baudoin Lebon (galeriste), Éric Karsenty (rédacteur en chef de Fisheye) et Olivier Conan (président de l'Agence coandco).

Cette année, c'est Juliette-Andréa Elie avec sa série Fading Landscapes qui a remporté le prix.

Juliette-Andréa Elie Demain c'est peut-être Série Fading Landscapes, 2013-2014 Juliette-Andréa Elie
Demain c'est peut-être
Série Fading Landscapes, 2013-2014

Vous avez instauré le parcours 'Start to collect' qui présente des œuvres en dessous de 1000 € pour initier les jeunes amateurs d'art à débuter une collection. Pourquoi la photographie est-elle le meilleur médium pour débuter?

La photographie est un médium jeune, assez simple à comprendre et accessible financièrement. C'est la porte d'entrée au marché de l'art pour des aspirants collectionneurs. Par le parcours 'Start to collect', il nous semblait important de mettre en avant des prix accessibles pour faire un parcours et guider les gens sur ce type d'œuvres. Chaque galerie présentera une œuvre en dessous de 1 000 €. En plus de cela, il y aura un mur collectif avec d'autres œuvres pour faciliter cette rencontre entre le public et les œuvres.

Quel est votre artiste coup de Coeur fotofever 2015?

L'artiste de l'affiche, à savoir l'artiste japonais Takakura Daisuke de la galerie Tezukayama. C'est d'ailleurs la première fois qu'on met en avant un artiste de la foire sur l'affiche.

exposant-image-5501672c79f818.04426828_large Takakura Daisukecrowd, 5, 2014
Tezukayama Gallery
from 3,600 usd

Quel rapport personnel entretenez-vous avec la photographie ?

Mon arrière grand-père et grand-père étaient photographes, mon père est photographe, et moi-même je m'y suis essayée. J'adore la photographie, c'est une vraie passion qui n'est pas née par hasard, promouvoir la photographie est une vocation.

Que pensez-vous du digital et de l'achat des oeuvres en ligne ?

Le digital, c'est l'avenir, et il ne faut pas louper le coche. Dans l'art les maisons de vente sont pour le moment les plus en avance. La photographie se prête particulièrement bien a la vent en ligne, il est bien plus facile de reproduire une photographie en ligne qu'une peinture par exemple. En revanche, malgré cette visibilité incroyable que créée internet, il faudra toujours la présence physique pour « rencontrer l'objet ». Ce qui va être intéressant maintenant, c'est de trouver des relais physiques complémentaires à la présence en ligne.

Pour les collectionneurs qui connaissent déjà les artistes, c'est un peu plus simple. Ils savent qu'ils aiment le travail de l'artiste, et ils peuvent prendre le « risque » d'acheter sans voir.

Que pensez-vous du concept de Barnebys de réunir tous les objets en un seul endroit ?

Je trouve ça formidable. Ce n'est pas très éloigné d'une foire qui réunit toutes les œuvres et galeries en un seul lieu. C'est une nouvelle lecture du marché de l'art, c'est complémentaire à ce qui existe déjà, en ce sens c'est une très belle initiative.

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