Vous êtes Président du  Syndicat National des Antiquaires. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre mission ?

J’ai été élu le 21 octobre 2014, à la base pour un mandat de 2 ans. Le 7 juillet dernier s’est tenue une assemblée générale extraordinaire où a été entérinée avec 70 % de votes positifs l'allongement du prochain mandat du président de deux a trois ans, cela pour une plus grande efficacité de I’action du titulaire du poste. La prochaine élection devrait statutairement avoir lieu dans le dernier trimestre de cette année. Ainsi tout sera enclenché pour la prochaine édition de 2017. Pour ma part, je ne sais pas encore si je me représenterai.

Dominique Chevalier, Président du SNA et directeur de la Galerie Chevalier Courtesy of Galerie Chevalier Dominique Chevalier, Président du SNA et directeur de la Galerie Chevalier
Courtesy of Galerie Chevalier

Ma mission en tant que Président est donc de mener à bien l’administration générale du Syndicat, d’en définir avec le conseil la politique générale, de voter les budgets relatifs au fonctionnement du Syndicat ainsi que ceux des salons et manifestations organisés dans le cadre de notre activité et de représenter notre profession auprès des ministères et administrations concernés...

Vous avez également fondé une galerie spécialisée en tapisserie ancienne, moderne et contemporaine. Comment vous-êtes vous formé à cette spécialité ?

Ayant succédé à mon père dans son entreprise de restauration de tapis et tapisseries, qui, lui-même, avait succédé au sien, j’étais baigné depuis mon plus jeune âge dans le monde de la tapisserie et des tapis. Je n’imaginais pas faire un autre métier. J’ai suivi des cours d’Histoire de l’Art à Nanterre et aussi des études de gestion. Mais, apprendre sur le tas et acquérir de l’expérience dans ce domaine est indispensable. La Galerie Chevalier a été créée plus tard, en 1980, avec mon épouse, Nicole de Pazzis-Chevalier et la passion de notre spécialité nous a fait encore progresser dans le domaine de l’expertise. Nos filles, Céline Letessier et Amélie-Margot Chevalier dirigent maintenant la galerie et nous pensons leur avoir transmis notre passion.

La galerie Chevalier participe à la prochaine Biennale des Antiquaires. Pouvez-nous révéler en exclusivité quelques-unes des pièces que vous allez exposer ?

Le stand de la Galerie Chevalier exposera des œuvres textiles du XIe siècle (textiles précolombiens) au XXIe siècle (Jon Eric Riis, Young Icarus), en passant par le XVIe siècle (Mille-fleurs ornée de l’Allégorie de la Charité), l’époque Louis XIV ( Hommage à Pan faisant partie de la tenture des Grotesques à fond jaune) et le XXe siècle (citons Paris). Deux œuvres, tridimensionnelles, à la frontière de la sculpture et de la tapisserie, d’une magnifique créatrice sud-américaine du XXIe siècle, apporteront d’étonnants volumes monochromes.

À gauche: l'affiche de la Biennale 2016 À droite: un photo montage à partir des tapisseries "Young Icarus" de Jon Erci Riis et "Paris" de Jean Lurçat Courtesy of Galerie Chevalier À gauche: l'affiche de la Biennale 2016
À droite: un photo montage à partir des tapisseries "Young Icarus" de Jon Erci Riis et "Paris" de Jean Lurçat
Courtesy of Galerie Chevalier

La création d’un site internet, une nouvelle sélection des exposants, l’adhésion de  Paris Tableaux, des expositions au sein du salon…en 2016, la Biennale des Antiquaires semble être à un tournant de son histoire. Pourquoi ce renouveau ?

Nous souhaitions en effet apporter un nouveau souffle à la Biennale, à la fois par son annualisation et par la présence plus importante des galeries étrangères, tout en respectant l’ADN de la manifestation et en faisant de nouveau la part belle aux antiquaires.

C’est un formidable défi que d’accompagner le renouveau de cet événement qui existe depuis 1962 !

Jean Vinchon et André Malraux à la Biennale des Antiquaires au Grand Palais, 1962 Jean Vinchon et André Malraux à la Biennale des Antiquaires au Grand Palais, 1962

À partir de 2017, la Biennale des Antiquaires deviendra un événement annuel. Pourquoi ?

Son annualisation permettra de donner chaque année rendez-vous en septembre au monde de l’art. Ce changement de périodicité s’inscrit dans la volonté de la Biennale de contribuer à faire de Paris la destination artistique majeure de chaque rentrée.

Parmi la prochaine édition, avez-vous un coup de cœur ? Parlez-nous en.

Il m’est honnêtement impossible compte-tenu de la très grande qualité des œuvres et des stands qui seront présentés cette année de faire un choix ! D’autant que pour cette édition, nous accueillons également 3 expositions d’institutions majeures que sont l’Ermitage, le Mobilier national et la Fondation de la Haute Horlogerie. Autant vous dire que le choix est cornélien !

Comment voyez-vous Paris au sein de la scène artistique internationale ?

Paris est une ville très ancienne; de très belles architectures de différentes époques s’y côtoient. De très grands architectes y ont laissé leurs empreintes au cours des siècles.

C’est aussi  la capitale au monde qui compte le plus de quartiers d’antiquaires: Le Carré Rive Gauche, avec le quai Voltaire (ancien quai des Théatins) en face du Louvre est le prolongement des marchands mercier du XVIIIe siècle qui s’étaient établis en face du Louvre;  Le Faubourg St Germain; mais aussi le design contemporain dans le  quartier du Marais, quartier historique et magnifique.

Quai Voltaire à Paris, plusieurs galeries et antiquaires sont membres du Carré Rive Gauche Quai Voltaire à Paris, plusieurs galeries et antiquaires sont membres du Carré Rive Gauche

Paris bénéficie de la présence de très grandes institutions culturelles et de nombreuses galeries. Notre ville dispose donc d’atouts extraordinaires qui en font, à mon sens, une destination artistique incontournable.

Que pensez-vous de la relation de plus en plus proche entre les objets d’art et internet ?

Internet n’est plus seulement un outil de communication, c’est une nouvelle réalité. Dans la mesure où chaque domaine est désormais confronté, ou dépendant d’internet, il est normal que le marché de l’art entre également en jeu.

Dans votre métier, quelle est votre utilisation d’internet ?

Notre utilisation, comme la plupart des gens, est quotidienne. Nous échangeons avec des clients qui cherchent une tapisserie ou un tapis, nous leur envoyons des photos, des simulations, des devis. Evidemment, dans 90% des cas, il faut que l’objet soit vu par le client avant la conclusion de la vente. Cependant, il y a déjà eu des ventes sans que la pièce n’ait été vue par le client et cela s’est très bien passé. Internet nous sert également beaucoup pour la communication et la promotion de la galerie.

Comment expliquez-vous alors la frilosité de certains galeristes à prendre le pli du digital ?

Nous pensons que parfois la frilosité vient du manque de pratique de cet outil fabuleux, mais effrayant. Les jeunes générations l’emploient de plus en plus.

Que pensez-vous d’un moteur de recherche comme Barnebys qui agrège tous les objets d'art en un seul site ?

Barnebys est une belle illustration de l’évolution du marché de l’art associé au digital. Le site permet de faire rencontrer l’offre et la demande. La différence est qu’il propose une multitude d’œuvres bien plus importante (comparativement aux galeries).

La Biennale des Antiquaires se tiendra du 10 au 18 septembre au Grand Palais à Paris. Plus d'informations sur www.biennale-paris.com.

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