Son oeuvre photographique a le goût de l'élégance, de la simplicité et de l'évidence. Jonglant entre tous les milieux sociaux, l'oeil affuté, James Barnor garde le regard rivé sur ses semblables.

Depuis son studio "Ever Young" à Accra, le photographe est le témoin d'une société ghanéenne mouvante, acquérant son indépendance en même temps qu'une trépidante envie d'en découdre avec l'ère coloniale. C'est à ce moment-là, que James Barnor entreprend son oeuvre singulière, et décide de capturer l'éloquence de l'air du temps.

L'apprentissage de la photographie couleur, à la fin des années 1950 à Londres, permet à James Barnor de grandir son oeuvre, de la retoucher, de l'affiner et de lui apporter une certaine légèreté, à l'image des robes hautes en couleur de ses modèles pour le magazine Drum,"Africa's leading magazine".

Troupes de comédiens, pasteurs, boxeurs poids plume, policières, ministres et entraîneurs sportifs : la palette des personnages photographiés offre un joyeux kaléidoscope de deux pays, le Ghana -ancienne Côte de l'Or- et la Grande-Bretagne, en pleine métamorphose.

Au sein d'espaces citadins dans les rues de Londres ou d'Accra, ou de mises en scène sur fonds peints à la main, James Barnor allie avec grâce scènes intimes, presque spontanées, prises sur le qui-vive -comme la Fête du Youth Development Club Party- avec spectacles plus sophistiqués, au décor choisi, au cadrage précis et à la mise en scène méticuleuse.

Quel semble être le point commun entre tous ces instantanés ? La franchise des regards. Autant de points d'ancrage, de reflets de la sincérité de la démarche, et certainement miroirs de la bienveillance de l'homme qu'ils ont face à eux.

En octobre, James Barnor était exposé à la Galerie Clémentine de la Feronnière à Paris. Achetez ici le catalogue de l'exposition.