Tout a commencé en 2013, lorsque l’IFAR a reçu une toile signée Pollock de la part d’un propriétaire soupçonneux. Effectivement, elle s’est avérée être une copie. Puis trois autres toiles ont suivi (la dernière en date arriva en 2015 à l’IFAR), de propriétaires différents. Fausses également.

Quatre toiles dont la provenance a lancé l’IFAR sur les traces d’un dénommé James Brennerman, un immigrant allemand qui s’est installé à Chicago dans les années quarante. En 1968, selon les documents récoltés par les enquêteurs, Brennerman aurait fait l’acquisition de 748 œuvres de Pollock (deux camions !). Elles auraient été vendues par la veuve du peintre, Lee Krasner.

 

Mais les éléments du dossiers sont étranges, incohérents, parfois même drôles tant les informations décrites sont absurdes. La correspondance de Brennerman laisse supposer que l’homme est devenu fou en fin de vie et qu’il aurait légué une partie de sa collection à ses domestiques. Il est finalement fort probable que ce Brennerman et ses mystères fassent partie de la supercherie organisée par le ou les faussaires, conclut l’IFAR. Mais impossible pour le moment de démasquer le cerveau de l’opération…

 

À ce jour, l’IFAR a identifié une petite douzaine de présumés faux Pollock. Mais ce n’est pas tout, d’autres artistes que Pollock sont cités dans le dossier de la collection : Kline, De Kooning, Renoir, Monet, Hassam, Rothko, Manet, Hopper, Motherwell, Gorky… L’enquête autour de l’excentrique Brennerman laisse craindre le pire.

Après la retentissante affaire de 2011 de vente de faux par la prestigieuse galerie Knoedler & Coe (bien obligée de fermer ses portes suite à l’affaire), le marché de l’art va-t-il connaître un nouveau scandale ?

 

Espérons que non ; Sharon Flescher, le directeur de l’IFAR assure que, pour le moment, seuls quelques collectionneurs modestes et quelques marchands amateurs pourraient être contrariés.

En réalité, les œuvres de cette prétendue collection Brennerman ne sont jamais véritablement passées entre des mains d’experts, dans des maisons de vente ou chez des galeristes avisés. Si cela avait été le cas, la supercherie aurait été démasquée bien plus vite, confirme Sharon Flescher, tant les copies sont de pauvre facture. Dans l’ombre du marché professionnel, les faux ont circulé facilement et sont aujourd’hui difficilement traçables par l’IFAR.