Le vase a été trouvé par hasard dans le coin du grenier d’une maison française, recouvert d’une épaisse couche de poussière. L’objet était un présent fait aux arrières-grands-parents du propriétaire actuel en 1947.

Le vase « Famille Rose », vendu mardi 12 juin chez Sotheby's, image ©Sotheby's. Le vase « Famille Rose », vendu mardi 12 juin chez Sotheby's, image ©Sotheby's.

Après avoir découvert le vase et avoir contacté Sotheby’s, les propriétaires l’ont enveloppé dans du papier journal, placé dans une boîte à chaussures et sont montés dans un train en direction de Paris. Au sein de la maison de ventes, les experts se sont montrés quelque peu choqués : un vase si exceptionnel n’est pas quelque chose que l’on rencontre tous les jours. L’estimation était comprise entre 500 000 et 700 000 euros, mais le prix d’adjudication a atteint des sommets inespérés.

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Le vase appelé « Yangcai » (terme traduit par « couleurs étrangères »), vient de la période Qianlong (1736-1795) et a été réalisé dans les ateliers royaux de Jindezhen. Le design est décrit comme un tour de force, de par la complexité de ses décorations aux motifs floraux, paysages idylliques et divers éléments tels que biches, cigognes et conifères. Cette période est particulièrement connue pour la production d’objets uniques, certaines pièces ont été occasionnellement éditées par paire, mais jamais en série.

Le vase « Famille Rose », vendu mardi 12 juin chez Sotheby's, image ©AFP / Thomas SAMSON Le vase « Famille Rose » chez Sotheby's, image ©AFP / Thomas Samson

Avant 1947, la provenance du vase reste inconnue. Cependant, un reçu pour l’achat d’un encensoir en 1847, durant l’Exposition Universelle de Paris, prouve qu’un ancêtre du propriétaire actuel avait un grand intérêt pour l’art asiatique. Il est possible que la sensationnelle trouvaille ait été achetée à la fin du XIXe siècle, lorsque l’art chinois et japonais était perçu comme extrêmement tendance dans la capitale parisienne.

Il existe deux versions connues de ce vase. Le deuxième aurait été acquis à la même période par le marchand d’art Philippe Sichel, un précurseur dans la vente d’art asiatique en France. Aujourd’hui, cette seconde copie est conservée au sein de la collection du Musée Guimets.

Détails du vase « Famille Rose », vendu mardi 12 juin chez Sotheby's, image ©AFP / Thomas SAMSON Détails du vase « Famille Rose », image ©AFP / Thomas Samson

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Les cigognes et biches sont similaires aux motifs que l’on trouve sur les peintures roulées de la même époque, et sont considérées très rares. Seulement deux vases du même type ont été documentés dans l’inventaire royal, l’un en 1765, l’autre en 1769.

Le marteau est tombé ce mardi 12 juin pour un peu plus de 16 millions d’euros, pas mal pour une porcelaine poussiéreuse trouvée dans une boîte à chaussures.

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