« Juin-Octobre 1985 » de Zao Wou-Ki exposé à Sotheby's Hong Kong, le 26 Septembre 2018, image ©AFP / Anthony Wallace. « Juin-Octobre 1985 » de Zao Wou-Ki exposé à Sotheby's Hong Kong, le 26 Septembre 2018, image ©AFP / Anthony Wallace.

« C’est l'exemple parfait de la fusion entre les techniques orientale et occidentale, ainsi que de sa philosophie », explique Vinci Chang, responsable de l’art asiatique chez Sotheby’s. Avec une adjudication de 65 millions d’euros, la maison de ventes britannique Sotheby’s signe un nouveau record pour l’artiste, surpassant de loin les 26 millions de dollars décrochés par Christie’s l’an dernier, avec l’œuvre 29.01.64.

Le triptyque « abstrait » est la toile la plus monumentale réalisée par Wou-Ki, elle avait par ailleurs été commandée personnellement par Ming Pei, le père de la pyramide du Louve, un fervent admirateur et ami de l’artiste.

Zao Wou-Ki arrive à Paris en 1948, il est alors âgé de 28 ans. Il y expose ses toiles, fréquente l’Académie de la Grande Chaumière et autres lieux créatifs de la capitale, et se lie d’amitié avec plusieurs artistes tels que Nicolas de Straël et Pierre Soulages.

Zao (gauche) and Pei (droite) au jardin des Tuileries, Paris, 1990, image ©Marc Riboud via zaowouki.org Zao (gauche) and Pei (droite) au jardin des Tuileries, Paris, 1990, image ©Marc Riboud via zaowouki.org

En 1952, il croise le chemin de l’architecte chinois Ming Pei, qui comme lui, avait fui la Chine communiste pour s’installer en Europe. Les deux génies entretiendront une relation amicale pendant de longues années, qui sera ponctuée d’échanges et de projets collaboratifs. Ming a eu, tout au long de sa carrière, recours au talent de Wou-Ki pour compléter sa vision architecturale et lui commandait fréquemment des œuvres, comme pour les projets du Fragrant Hill Hotel Beijing (en 1982) et du Raffles City à Singapour (en 1986).

L’identité du nouveau propriétaire de la toile record Juin-Octobre 1985 n’a pas encore été révélée, mais il ne serait pas improbable que l’acheteur soit d’origine chinoise, surtout si l’on considère l’augmentation considérable de l’intérêt des collectionneurs asiatiques pour le travail de Zao Wou-Ki depuis ces dernières années.

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