La nature morte aux lièvres

Fransisco Goya, « Nature morte aux lièvres », huile sur toile, image via Christie's Francisco Goya, « Nature morte aux lièvres », huile sur toile, image via Christie's

Cette « Nature morte aux lièvres » a appartenu à la famille Goya jusqu'au milieu du XIXe siècle, elle passe ensuite entre les mains de la famille de Francisco Javier de Mariátegui, avant de quitter l'Espagne en mai 1877 pour être vendue à Paris. Toute trace du parcours de la toile est perdue jusqu'au 24 janvier 2003, date à laquelle Christie's la récupère afin de la vendre aux enchères pour 3 950 000 euros, un prix qui en fait l’œuvre de Goya la plus chère à ce jour.

Selon la Fondation Goya en Aragon, cette nature morte attire systématiquement l'œil du spectateur sur les deux lièvres allongés, leurs corps forment une sorte de croix qui se détache du fond neutre, tandis que l’on aperçoit vaguement un panier en osier sur le côté gauche de la toile. La série de natures mortes de Francisco Goya démontre le grand talent de l'artiste aragonais, car malgré la gamme limitée de couleurs qu‘il utilise, la fourrure des deux animaux est d’une texture impressionnante.

Portrait équestre de Don Manuel Godoy

Fransisco Goya, « Portrait équestre de Don Manuel Godoy, duc d'Alcudia », 1794, image via Sotheby's Francisco Goya, « Portrait équestre de Don Manuel Godoy, duc d'Alcudia », 1794, image via Sotheby's

Ce portrait de Don Manuel Godoy, duc d'Alcudia, a été peint en 1794. Le duc d'Alcudia était l’amant de Maria Luisa de Bourbon Parme (la reine d'Espagne), mais aussi la figure politique et militaire la plus puissante du pays sous le règne de Carlos IV. Ses contemporains l’avaient surnommé « Le Prince de la Paix », un sobriquet qui le suivra tout au long de sa vie. Entre 1792 et 1808, Don Manuel Godoy faisait partie de ce que la reine Maria Luisa aimait appeler la « Trinité sur la terre » : même si Carlos IV était le chef officiel de l'Etat, c’était Godoy qui tenait réellement les rênes du pouvoir. Ce portrait est passé sous le marteau de Sotheby's en juillet 2009 pour 3 350 000 euros.

Les tâches domestiques

Fransisco Goya, « Hutiles Trabajos », dessin à l'encre appartenant à « Album E », numéroté 37, image via Christie's Francisco Goya, « Hutiles Trabajos », dessin à l'encre appartenant à « Album E », numéroté 37, image via Christie's

Ce dessin à main levée aux lignes brutes, exécuté à l’encre sur papier, est la troisième œuvre d'art la plus chère de Francisco Goya jamais vendue aux enchères. Cette pièce appartenait à la famille Goya jusqu'en 1854 (l’année de son décès), puis à Federico de Madrazo et Kuntz entre 1855 et 1860. On peut y voir la lettre « M » esquissée à l'encre brune dans le coin supérieur droit. Achetée à Paris par Jean Fribourg en 1930, l’œuvre est passée à sa descendance et restera dans la famille jusqu'à sa vente à l’encan chez Christie's, où elle atteint les 2 900 000 euros.

En 1976, Francisco Goya commence à remplir des albums, il y dessine toutes sortes de personnages, qui le plus souvent, s’attèlent à une tache spécifique. Goya dessine les scènes qu'il voit, les aspects banals de la vie quotidienne, mais aussi les thèmes les plus spirituels propre à la condition humaine.En trente ans, il parvient à remplir huit albums, dont la taille et le nombre de pages diffèrent, et qui regroupent en tout près de 550 dessins. C’est Eleanor Sayre (historienne d’art spécialisée dans le travail de Goya) qui a entrepris d’étiqueter tous les albums, en y apposant les lettres allant de A à H.

La querelle 

Fransisco Goya, « Bajan riñendo », dessin, numéroté 2, image via Christie's Francisco Goya, « Bajan riñendo », dessin, numéroté 2, image via Christie's

On peut voir sur ce dessin une inscription de la main de l’artiste lui-même : « Vision de bajar riñendo » (qui peut se traduire par « Vision d’une querelle »), ainsi que le nombre « 2 », un chiffre écrit à la plume qui a été corrigé pour un « 1 » ou un « 5 ». L’œuvre représente deux femmes en plein combat qui sont en train tomber simultanément. Cette esquisse apparaissait sur la première page de l’album D, aussi intitulé "Album des sorcières et des vieilles femmes". Les dessins qui constituent ces huit albums n'étaient pas des études préparatoires pour des peintures ou des gravures, car Goya avait pour habitude de peindre au pinceau directement sur ses toiles, sans étude réalisée au préalable.

Les inscriptions ou légendes que l’on trouve parfois sur ces dessins démontrent le cheminement intellectuel de Goya, qui, non sans ironie, s'exclame, pose des questions, conseille, réconforte et va même jusqu’à y mettre des annotations menaçantes. C’est le petit-fils de Goya, Mariano, qui a déconstruit les albums pour vendre les dessins séparément, notamment au peintre Federico de Madrazo (1815-1894). Madrazo fini par les vendre à son tour en détruisant complètement leur ordre original, et décide même de les numéroter de nouveau. « Bajan quarrel » a été vendu chez Christie's en juillet 2008 pour 2 870 000 euros.

Rita Luna

Francisco Goya, « Portrait de l'actrice Rita Luna », huile sur toile (1814-1818), image via Sotheby's

Certains racontent que ce portrait de l'actrice Rita Luna (1770 - 1832), l'une des actrices dramatiques les plus célèbres de l'époque de Goya, a été trouvé dans un placard en 1859 par Mariano Goya. Compte tenu de sa taille, facilement dissimulable, il semble probable que Francisco Goya ait tenté de le conserver pour sa collection personnelle. Le portrait de Rita Luna est acheté par Valentín Carderera, qui le chérira jusqu'en 1877. Cette peinture à l'huile se distingue du corps de travail du peintre par la fragilité humaine qu’il a tenté de retranscrire, a travers l'image de cette actrice vieillissante. Le portrait a été mis aux enchères par Sotheby's en janvier 2007 est s’envole pour 2 019 750 euros.

Vous pouvez consulter les prix des œuvres vendues de Goya, ou chercher celles actuellement en vente sur Barnebys.

Article écrit par Ana Isabel Escriche de l'équipe éditoriale Barnebys Espagne.

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