Image ©Christie's Image ©Christie's

Si certains se questionnent encore sur l’état du marché des enchères, pas d’inquiétudes, il ne s’est jamais si bien porté. Surtout pour Christie’s, qui vient de terminer son marathon de ventes présentant les collections de Peggy et David Rockefeller, un évènement décrit comme « la vente du siècle ». Il est vrai que le simple nom de Rockefeller a suffit à attiser les foules, et même si certaines sessions n’ont pas toujours excédé les attentes du public, la maison de ventes a tout de même enregistré de sacrés records.

L’atmosphère, avant le coup d’envoi, était frénétique (pour ne pas dire chaotique). Des collectionneurs venus des quatre coins du monde étaient réunis sur les bancs de la salle, téléphones et catalogues en main, prêts à repartir avec une petite partie de la collection du couple légendaire.

Image ©Christie's Image ©Christie's

Dès le premier jour des enchères, 44 œuvres réalisées par les plus grands noms de l’histoire de l’art ont été adjugées pour un montant total de 646 millions de dollars. La première journée enregistre un chiffre record et se clôt avec une vente en « gants blancs », ce qui signifie que tous les lots ont été vendus. Et en plus de cela, à des prix astronomiques.

Même si la peinture « Fillette à la corbeille fleurie » de 1905 par Picasso se place comme peinture la plus chère de la vente avec un prix de 115,1 millions de dollars, c’est tout de même un peu décevant. Le prix de départ n’a pas été clairement fixé avant la vente mais la rumeur voulait que l’estimation soit d’environ 100 millions de dollars, dans l’attente d’une adjudication bien plus élevée que ça. Les enchères ont débuté à 90 millions et se sont éteintes à 102 millions de dollars avant que les frais de ventes ne soient ajoutés. L'œuvre se place comme la deuxième peinture de Picasso la plus chère au monde.

Pablo Picasso, « Fillette à la corbeille fleurie » , 1905, image ©Christie's Pablo Picasso, « Fillette à la corbeille fleurie » , 1905, image ©Christie's

Cela dit, vu le montant déboursé par Gertrude Stein et son frère pour l’acquisition de la peinture à l’époque, on peut dire que l’augmentation de 30 dollars à 102 millions de dollars n’est pas si mal.

« Fillette à la corbeille fleurie » dans le studio de Gertrude Stein, image ©Christie's « Fillette à la corbeille fleurie » dans la maison de Gertrude Stein, image ©Christie's

On note aussi que les « Nymphéas en fleur » de Monet, datant de 1914-17, au prix de départ de 50 millions de dollars, atteint les 84,7 millions après des enchères intenses impliquant cinq concurrents. Le nouveau propriétaire se trouve être Xin Li Cohen, le directeur de Christie’s Asie.

Monet, « Les Nymphéas en fleur », image ©Christie's Monet, « Les Nymphéas en fleur », 1914-17, image ©Christie's

L’un de nos lots préférés, une gouache de 1914 exécutée par Juan Gris intitulée « La table de musicien », a dépassé les espérances de la maison de ventes. Cette fois encore, aucune estimation officielle n’avait été déclarée, mais le bruit courait que 20 millions de dollars étaient attendus au minimum.

Juan Gris, « La table de musicien », 1914, image ©Christie's Juan Gris, « La table de musicien », 1914, image ©Christie's

Après de féroces enchères, Christie’s affichait le prix de 31,8 millions de dollars. Les Rockefeller avaient autrefois acheté l’œuvre pour la modique somme de 45 000 dollars en 1966.

La première journée s’achève donc avec un total de 646 millions pour 44 lots (une moyenne de 14,7 millions de dollars par lot).

Le jour suivant, 120 millions supplémentaires ont pu être ajoutés quand de nouveaux records sont achevés au cours de la vente du soir, « Art des Amériques ».

Parmi d’autres œuvres, un portrait de George Washington réalisé par Gilbert Stuart en 1795 est adjugé pour 11,5 millions de dollars. L’œuvre est le premier portrait de George Washington d’une série de trois. La peinture présente lors de la vente est créée à Philadelphie et son prix d’adjudication fixe un nouveau record pour l’artiste.

Gilbert Stuart, 17, image ©Christie's Gilbert Stuart, 1795, image ©Christie's

La peinture « The Rivals » de Diego Rivera n’a pas déçu, en établissant un nouveau record pour l’artiste, mais aussi pour l’Art d’Amérique Latine avec un prix de 9,7 millions d’euros. L’œuvre rejoint la famille en 1931 grâce à Abby Alrich Rockefeller, pour être offerte bien plus tard à son fils David et son épouse Peggy en cadeau de mariage.

Diego Rivera, « The Rivals », image ©Christie's Diego Rivera, « The Rivals », image ©Christie's

Pendant plusieurs décennies, le chef-d’œuvre du peintre Mexicain est resté accroché au mur du salon de leur propriété au Maine.

Image ©Christie's Image ©Christie's

Le mercredi 9 mai, le succès continue avec une vente de céramiques, mobilier et décorations qui remporte un glorieux montant de 12,5 millions de dollars, contre une estimation globale de 2,5 millions. Un magnifique service en porcelaine de Sèvres ayant appartenu à Napoléon 1er établi, selon Christie’s, un nouveau record pour un service vendu aux enchères.

Détail du service en porcelaine de Napoléon Bonaparte, Image ©Christie's Détail du service en porcelaine de Napoléon Bonaparte, Image ©Christie's

Retrouvez l’article complet sur le service de Napoléon Bonaparte.

Au total, près de 1 400 lots ont trouvé acquéreur durant les enchères les plus importantes de l’année. Même si le succès est indéniable et les records nombreux, les attentes ont été un peu trop élevées pour certains lots. Quand le marteau tombera pour la dernière fois, Christie’s sera en mesure de nous révéler les chiffres et les aventures de la « vente du siècle », en gardant bien sûr sa place de leader sur le marché des enchères !

Commentaires