Pierre Jeanneret, Suite de 6 fauteuils dits « Office chair », estimation 25 000 à 30 000 euros, image ©Aguttes Pierre Jeanneret, Suite de 6 fauteuils dits « Office chair », circa 1955, estimation : 25 000 à 30 000 euros, image ©Aguttes

Charles-Édouard Jeanneret assume le pseudonyme de « Le Corbusier » en 1920, lors du lancement de la revue L‘Esprit Nouveau, une publication qui définit le sens du nouveau mouvement d’avant-garde dont il fait partie. C’est au cours de cette décennie qu’il commence à travailler sur le concept de « l’unité d’habitation », dont il est aujourd’hui l’inventeur reconnu. L’arrivée de son cousin Pierre Jeanneret à Paris en 1922 marque le début d’une solide relation professionnelle et relance l’activité d’architecte de Le Corbusier. Ils ouvrent leur agence rue de Sèvres, qui devient l’atelier architectural donnant naissance à de remarquables projets et créations.

Pierre Jeanneret, Bureau en teck et aluminium, estimation : 15 000 à 20 000 euros, image ©Aguttes Pierre Jeanneret, Bureau en teck, circa 1960 estimation : 15 000 à 20 000 euros, image ©Aguttes

La collaboration entre les trois architectes commence en 1927 alors que Le Corbusier et Pierre Jeanneret remarquent le travail de Charlotte Perriand et l’intègrent dans leur agence, avec pour responsabilité de s’occuper de « l’équipement de l’habitation ». Sa fonction évolue rapidement et amène la jeune femme à travailler à leurs côtés pendant 10 ans. De nombreuses créations ont vu le jour sous cette coopération fructueuse, comme la célèbre Chaise longue LC4 ou la Table LC 10-P.

Charlotte Perriand, Le Corbusier, Pierre Jeanneret, image via Wikipedia Charlotte Perriand, Le Corbusier, Pierre Jeanneret, image via Wikipedia

Cette enfilade est conçue par Charlotte Perriand vers 1958 alors qu’elle est en Mauritanie dans la ville de Cansado. Le meuble est inspiré d’un voyage que l’architecte effectue au Japon entre 1940 et 1942, qui laisse une marque indélébile sur sa pratique. Fait de placage de chêne, formica et métal, ce cabinet tricolore se compose de quatre tiroirs sur le côté gauche et deux portes coulissantes, l’une noire, l’autre blanche. Chacune est ornée de poignées en « pointe de diamant ». Un beau modèle estimé entre 5 000 et 7 000 euros par Aguttes.

Charlotte Perriand, Enfilade, 1958, image ©Aguttes Charlotte Perriand, Enfilade, 1958, image ©Aguttes

L’un des points forts de la sélection est une pièce de Le Corbusier. Une rare chauffeuse en teck, moelle de rotin et en toile de coton sera présentée avec une estimation entre 30 000 et 35 000 euros. Le modèle est réalisé aux alentours de 1956 à Chandigarh en Inde. L’aventure Chandigarh est un tournant dans la vie et carrière des cousins Jeanneret. Ils effectuent plusieurs voyages au pays de Gandhi dans le but de reconcevoir architecturalement une ville entière. Une tâche donnée par le gouvernement indien qui va bien au-delà d’une simple mission créative. Pour Chandigarh, ils créent des fauteuils et chaises fonctionnels aux lignes épurées. Le design en forme de X, U ou Y à l’assise basse est caractéristique des sièges conçus durant cette période cruciale.

Le Corbusier, rare chauffeuse en teck, circa 1956, image ©Aguttes Le Corbusier, rare chauffeuse en teck, circa 1956, image ©Aguttes

Toujours pour Chandigarh, on retrouve ici une création de Pierre Jeanneret, circa 1953. Dans un souci économique et écologique, les chaises exécutées lors de la mission indienne requièrent des matériaux régionaux, comme le démontre cette chaise basse en bambou, corde et toile de coton. Cette gamme de pièces à la construction élémentaire devait pouvoir être reproduite facilement par la main d’œuvre locale. Les chaises en bambou de Jeanneret sont légères et répondent aux conditions de vie des résidents. Elles deviennent par la suite sa marque de fabrique. Ce remarquable modèle pourra trouver acquéreur chez Aguttes pour 45 000 euros minimum.

Pierre Jeanneret, rare chauffeuse en bambou, circa 1953, image ©Aguttes Pierre Jeanneret, rare chauffeuse en bambou, circa 1953, image ©Aguttes

Une paire de fauteuils dits Advocates ou Press Chair est un autre exemple de siège réalisé au pays de Gandhi. Si certaines pièces pour Chandigarh leur sont attribuées individuellement, les Press Chair portent cette fois-ci les deux signatures et sont le fruit d’une collaboration. La paire, datée de 1955, est estimée entre 15 000 et 20 000 euros.

Le Corbusier et Pierre Jeanneret, paire de fauteuils, circa 1955, image ©Aguttes Le Corbusier et Pierre Jeanneret, paire de fauteuils, circa 1955, image ©Aguttes

Un superbe meuble de rangement en contreplaqué et chêne fera son entrée en salle des ventes avec un prix de départ de 4 000 euros. Il est conçu par le Corbusier et Charlotte Perriand en 1952. Le modèle provient de l’Unité d’habitation de la Cité radieuse de Marseille, construite entre 1947 et 1952 selon un principe de design résidentiel moderniste développé par Le Corbusier. Le bâtiment fait aujourd’hui parti du patrimoine mondial de l’UNESCO. Le meuble de rangement est visuellement similaire à l’Unité d’habitation, dont la longue structure est composée de « cases » aux proportions variables.

Le Corbusier et Charlotte Perriand, meuble de rangement, 1952, image ©Aguttes

Unité d'habitation de la Cité radieuse de Marseille, image via Wikipedia Unité d'habitation de la Cité radieuse de Marseille, image via Wikipedia

Le dernier objet de notre sélection est signé Le Corbusier et date de 1953 (circa). Cette applique murale dite LC III en tôle de métal rouge a été référencée dans plusieurs publications, comme « Le Corbusier, L’Unité d’Habitation de Marseille » de 1992. L’objet présente un abat-jour de type gouttière et un réflecteur interne. Son estimation est comprise entre 8 000 et 10 000 euros.

Le Corbusier, applique « LC III » en tôle, circa 1953, image ©Aguttes Le Corbusier, applique « LC III » en tôle, circa 1953, image ©Aguttes

Si leur collaboration n’a duré que dix ans, les trois designers ont contribué à l’histoire de l’architecture de façon significative au cours de cette période. Grâce à leur ouverture d’esprit et leurs idées révolutionnaires, leur carrière et leurs créations ont atteint une reconnaissance de portée mondiale.

La vente « Design » organisée par Aguttes le 7 mai promet de nombreux lots d’exception, qui en dehors de notre trio, sont signés par d’autres noms incomparables du design.

Retrouvez plus d’informations sur la vente ainsi que le catalogue complet ici.

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