Keith Haring, (1958–1990), « Pyramid », 1989, image ©Dorotheum

« La géométrie n'est pas faite pour être apprise, elle est faite pour être utilisée. »

Seymour Papert

Depuis la nuit des temps, les disciplines de l’art et des mathématiques sont intriquées et nombreux sont les artistes qui ont développé leur langage plastique en explorant la dynamique présente dans les lignes, points et autres formes géométriques.

Les mouvements de l’Art Abstrait, du Cubisme et du Suprématisme sont, entre autres, les courants majeurs ayant bousculé les codes artistiques en introduisant des formes rigoureuses et des composition linéaires remettant question la perception finale de l’œuvre.

Dans le même esprit, on retrouve l’art cinétique, qui s’appuie exclusivement sur l’utilisation de formes géométrique et de couleurs pour créer des effets d’optiques selon l’angle d’observation.

Turi Simeti, (né en 1929), « Tre ovali gialli », 2000, image ©Dorotheum Turi Simeti, (né en 1929), « Tre ovali gialli », 2000, image ©Dorotheum

Assez parlé de théorie et jetons un œil sur les chefs-d’œuvre qui seront présentés par Dorotheum. C’est l’Art Moderne qui ouvre le bal le 15 mai avec 139 lots comprenant de grands maîtres comme Chagall, Picasso, Delaunay ou encore Oppenheimer.

L’œuvre « Rythme coloré » de Sonia Delaunay est une tempera sur carton signée et datée de 1959 qui présente des aplats géométriques de couleurs vives ainsi qu’une composition qui s’étend en dehors des limites du support. Passionnée par le monde du textile, Delaunay explore l’abstrait, la couleur pure et joue avec les formes géométriques par le biais des arts appliqués, qui lui permettent une certaine liberté par rapport à la peinture, qu’elle juge trop sérieuse à l’époque.

Sonia Delaunay, 1885–1979, « Rythme coloré », 1959, image ©Dorotheum Sonia Delaunay, 1885–1979, « Rythme coloré », 1959, image ©Dorotheum

C’est l’artiste Piero Dorazio qui signe cette huile sur toile en 1952 intitulée « Elemento Chiuso – Elemento Aperto » (Élément fermé – Élément ouvert). On observe que des lignes directrices rouges se propagent sur la surface de la toile. Leur cheminement forme deux figures finales qui semblent être composées « d’étages », l’une présente des cases rigoureusement fermées alors que l’autre prolifère plus librement.

Piero Dorazio Rome, (1927–2005), « Elemento Chiuso-Elemento aperto », 1952, image ©Dorotheum Piero Dorazio Rome, (1927–2005), « Elemento Chiuso-Elemento aperto », 1952, image ©Dorotheum

On retrouve une composition colorée de Giacomo Balla réalisée en 1916 portant le titre de « Motivo con la parola FAZZOLETTI », littéralement traduit par « Raison avec le mot MOUCHOIR ». Durant la Première Guerre mondiale, Balla expérimente la technique du collage ainsi que les possibilités de compositions qui l’accompagnent. Ce qui le pousse à produire des images abstraites aux formes plates, et même à introduire dans ses collages du papier coloré. L’œuvre « Motivo con la parola FAZZOLETTI » est un collage de papier coloré et argenté sur carton.

Giacomo Balla, (1871–1958) « Motivo con la parola FAZZOLETTI », c. 1916, image ©Dorotheum Giacomo Balla, (1871–1958) « Motivo con la parola FAZZOLETTI », c. 1916, image ©Dorotheum

Plus d'informations sur la vente d'Art Moderne ici.

Le 16 mai, c’est l’art contemporain qui est à l’honneur avec deux sessions qui regorgent d’artistes passés maîtres dans l’utilisation de formes géométriques.

Points forts de la vente, ces deux « Concept Spatial (Attente) » de Lucio Fontana ne pouvaient échapper à notre sélection. La ligne qui fend la toile en son milieu est aussi précise qu’une procédure chirurgicale. La surface de la toile est immaculée, colorée dans son intégralité et dénuée de tout parasite, elle devient ainsi un espace à part entière et l’incision linéaire y apparaît comme audacieuse. L’œuvre rose est datée de 1964-65, la verte de 1968 et sont toutes deux réalisées à l’époque où Fontana expérimente avec l'utilisation de couleurs saturées, de tubes fluorescents et néons.

Lucio Fontana, (1899–1968), « Concetto Spaziale “ATTESA” », 1964–65, image ©Dorotheum Lucio Fontana, (1899–1968), « Concetto Spaziale “ATTESA” », 1964–65, image ©Dorotheum

L’œuvre rose est datée de 1964-65, la verte de 1968 et sont toutes deux réalisées à l’époque où Fontana expérimente avec l'utilisation de couleurs saturées, de tubes fluorescents et néons.

Lucio Fontana, (1899–1968), « Concetto Spaziale”, ATTESA », 1968, image ©Dorotheum Lucio Fontana, (1899–1968), « Concetto Spaziale”, ATTESA », 1968, image ©Dorotheum

Cette étonnante œuvre de Getulio Alviani est un aluminium sur panneau et joue clairement avec la perception de l’observateur. L’image est en réalité une surface plate qui prend racine dans l’art cinétique et donne l’impression d’un pavé gris en trois dimensions ponctué de lignes blanches. « Superficie a testura vibratile assonometrica » (surface à texture vibratoire axonométrique) a été exécutée aux alentours de 1965.

Getulio Alviani, (1939-2018), « Superficie a testura vibratile assonometrica », c. 1965, image ©Dorotheum Getulio Alviani, (1939-2018), « Superficie a testura vibratile assonometrica », c. 1965, image ©Dorotheum

Cette superbe œuvre de Marcello Morandini de 1971 est à la fois en deux et trois dimensions. Ce panneau carré constitué de cases comporte des éléments en émail et en acier verni qui se décollent de la surface principale et changent complètement l’aspect visuel de l’œuvre selon l’angle d’observation. Entièrement bicolore, la structure complexe de la pièce crée d’infinies formes géométriques lorsqu’on se balade autour de l’œuvre.

Marcello Morandini, (né en 1940) Sans titre, 1971, image ©Dorotheum

Pour finir, « Spherical miror objet » (objet miroir sphérique) de Adolf Luther, est une œuvre de deux mètres par deux mètres réalisée en 1990. Connu pour utiliser des miroirs concaves et convexes dans son travail, Adolf Luther joue avec l’espace et la lumière, qui se reflète sur toute la surface de l’œuvre et change selon les mouvements alentours. Il exécute cette pièce durant la dernière année de sa vie.

Adolf Luther, (1912–1990), « Spherical mirror object », 1990, image ©Dorotheum Adolf Luther, (1912–1990), « Spherical mirror object », 1990, image ©Dorotheum

Plus d'informations sur les ventes d'Art Contemporain session I et session II ici.

L’« Auction Week » chez Dorotheum réserve aussi quelques autres surprises, sans compter les ventes de bijoux et montres exceptionnels qui prendront place les 17 et 18 mai.

Plus d’informations sur les ventes de bijoux et de montres ici.

Retrouvez tous les objets Dorotheum aux enchères sur Barnebys.

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