« Ours Blanc » détail, 1927, pierre de lens

« Ours Blanc » détail, 1927, pierre de lens

François Pompon, le sculpteur de la nature

L’arrivée de la tendance des Arts décoratifs eut un impact considérable sur l’œuvre de François Pompon, en rendant sa diffusion possible par le biais des galeristes et des décorateurs de l’époque. C’est lors du Salon d’automne de 1922 que le travail de Pompon gagne véritablement le cœur du public, son Ours Blanc monumental est alors exposé en plein milieu du hall d’entrée et fait sensation parmi les visiteurs, qui ne tardent pas à découvrir l’impressionnant corpus d’œuvres produit par l’artiste au cours de sa carrière.

« Le succès de « l’Ours polaire » au salon d’Automne fut tel, qu’on ne parlait que de lui dans tout Montparnasse et c’était un sujet d’orgueil pour la rue Campagne Première qui, en cette année 1922 était un véritable village. »

Jeanne Demeurisse, amie de l’artiste.

Alors âgé de 67 ans, Pompon goûte aux saveurs du succès, mais reste fidèle à sa nature humble et ne le prend nullement pour acquis, il déclarera même que « quand le public marche, il faut se méfier… ».

François Pompon Portrait de François Pompon

Même si Pompon est majoritairement connu pour ses sculptures animalières, son évolution plastique et son corps de travail intégral représentent une part importante de l’histoire de la sculpture. Pompon fait ses premières armes en exposant ses figures et ses portraits au Salon de 1887 à 1890, tout en suivant des cours du soir à l’École nationale des arts décoratifs. Ses parents, son frère jumeau et son épouse comptent parmi ses premiers modèles, mais c’est son buste de Sainte Catherine, présenté au jury du Salon, qui lui vaudra une médaille de troisième classe et lui permettra de passer du statut d’ouvrier à celui de praticien.

Avec une attirance pour les formes organiques présentes dans la nature, Pompon se consacre presque exclusivement à la figure animale dès 1905 et passe de nombreuses heures à parcourir les basses-cours de campagne et le jardin des Plantes pour capturer ces nouveaux modèles, qu’il décrit comme « gratuits et silencieux, qu’il pouvait étudier sans hâte ».

L’artiste cherche à s’affranchir de la figure humaine et entame, à travers ses sculptures lisses et pures, une quête de l’essence, un processus de simplification qui reflète son attitude contemplative et respectueuse de la nature. L’esthétique de son œuvre prend racine dans un cheminement intellectuel et un travail laborieux.

Le volume des sculptures animales de Pompon est réduit à son expression la plus simplifiée, il replié sur lui-même, et témoigne d’une volonté de l’artiste d’élaborer une écriture originale et honnête. Sa contribution à la sculpture du XXe siècle reste indéniable et se répercute encore aujourd’hui sur les adorateurs de la pratique. Son corps de travail singulier, d’un classicisme rassurant mais actuel, est le fruit d’une conscience intense de « la poésie de l’animal et du végétal », qui a fait de lui le représentant moderne de la sculpture animalière.

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« La Valse », Camille Claudel

Camille Claudel se consacre exclusivement à sa carrière dès 1892 (date de sa rupture avec Auguste Rodin) et se met en quête de sa propre identité créatrice, trop longtemps opprimée et tourmentée par ses relations passées. Claudel explore le domaine sculptural et les scènes intimistes, jusqu’alors réservées à l’univers pictural.

Claudel s’affirme à travers le traitement du mouvement et des chevelures, privilégie les matériaux difficiles et fait preuve d’une certaine audace dans ses compositions. Malgré des difficultés matérielles et financières, elle continue d’exposer jusqu’en 1905. Sa rancune envers son ancien partenaire Rodin lui empêche néanmoins de se renouveler artistiquement, et elle cessera de sculpter quelques années plus tard, en 1913.

La Valse est une œuvre fondamentale de Claudel, réalisée dans une période de maturité, qui se place dans la lignée de l’Age mûr et La Vague. La Valse est exposée au Salon de 1893 (la sculpture exposée était en plâtre, et quelque peu différente de celle présentée à la vente), et présente d’harmonieux drapés, que Claudel a placé afin d’atténuer la nudité des danseurs, jugée par Armand Dayot, l’inspecteur du Ministère des Beaux-Arts, comme potentiellement choquante pour le public.

Dans La Valse, l’exécution est d’une virtuosité parfaite, et même si la mélodie qui emporte ce jeune couple est inaudible pour le spectateur, elle résonnait impétueusement dans la tête de l’artiste.

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