Une reprise générale

Le résultat des ventes aux enchères du premier semestre s’élève à 6,9 milliards de $, soit une hausse de 5% par rapport au premier semestre 2016. Ce premier semestre positif met un terme à deux années de léger déclin sur la première partie de l’année. Malgré le climat économique mondial hésitant, le marché de l’art se maintient comme valeur refuge, sans pour autant devenir une bulle spéculative.

Des taux de rendement attractifs, une liquidité accrue grâce à la financiarisation du marché, une opacité allant diminuant grâce à des plateformes mondiales d’accès à l’information (Artprice, Barnebys…), la dématérialisation des ventes (97% des acteurs sont connectés), l’accroissement du nombre de consommateurs (500 000 en 1945 pour environ 70 millions aujourd’hui) et une industrie muséale en pleine explosion (700 musées se créent par an) apparaissent comme les leviers d’une telle croissance.

Évolution semestrielle du produit de ventes aux enchères de Fine Art, Courtesy of Artprice Évolution semestrielle du produit de ventes aux enchères de Fine Art, Courtesy of Artprice

Les Etats-Unis et à la Chine se disputeront la première place mondiale

Avec 2,2 milliards de $ de chiffre sur le premier semestre, les États-Unis se hissent sur la première place du podium, juste devant la Chine. Accusant une diminution des ventes de 12%, cette dernière perd son leadership de peu (1,9 milliards de $ de chiffre). Mais ce n’est que partie remise selon Thierry Ehrmann, président d’Artprice, car "le second semestre chinois est structurellement plus fort". Il y a donc fort à parier que la Chine, en pleine restructuration, termine tout de même l’année sur la plus haute marche.

Côté européen, les 3ème et 4ème acteurs mondiaux, le Royaume-Uni et la France, ont également vu leurs chiffres augmenter, de respectivement 13% (1,5 milliards de $) et 7% (326 millions de $).

Répartition géographique du produit des ventes aux enchères de Fine Art (1er Semestre 2017), Courtesy of Artprice Répartition géographique du produit des ventes aux enchères de "Fine Art" (1er Semestre 2017), Courtesy of Artprice

Un marché toujours plus contemporain

Le marché de l’art contemporain, qui pesait 3% du chiffre d'affaires mondial en 2000, pèse aujourd’hui 15%. Une croissance qui repose sur une double augmentation, en volume tout comme en valeur : sur le premier semestre, le prix des œuvres contemporaines a progressé de 9,6% par rapport à 2016 sur la même période.

Éclatant de santé, l’art contemporain est voué à croître de manière exponentielle et talonnera bientôt de très près l’art d’après-guerre (qui cette année représente 21% des parts de marché mondial au premier semestre). L’explication est simple: face à la raréfaction de l’art ancien, le marché de l’art mondial prend logiquement un visage plus contemporain.

Jean-Michel BASQUIAT (1960-1988), Untitled (1982) vendu 110 487 500 $ en mai dernier par Sotheby's New York Jean-Michel BASQUIAT (1960-1988), Untitled (1982), vendu 110 487 500 $ en mai dernier par Sotheby's New York. Courtesy of Sotheby's

Basquiat rentre dans le club très fermé des "100 millions"

La meilleure vente du premier semestre 2017 revient à Jean-Michel Basquiat, dont "Untitled" (1982) s'est vendu 110,5 millions de $ le 18 mai dernier par Sotheby’s New York.

Basquiat figure loin devant les autres ventes phares du premier semestre : les œuvres de Klimt (Bauerngarten, 1907, Sotheby’s London), Brancusi (La muse endormie, 1913, Christie’s New York), Twombly (Leda and the Swan, 1962, Christie’s New York), Bacon (Three Studies for a Portrait of George Dyer, 1963, Christie’s New York) et Huang (Yellow mountain, China Guardian Beijing) se sont toutes vendues entre 50 et 59 millions de $.

Avec un tel record, Basquiat devient le premier artiste né après la Seconde guerre mondiale à franchir la barre des 100 millions. Il rejoint Picasso, Modigliani, Bacon, Giacometti, Munch et Warhol au club des artistes du XXème ayant dépassé ce seuil.

Gustav KLIMT (1862-1918), Bauerngarten (1907), vendu 59 004 638 $ en mars dernier par Sotheby's London Gustav KLIMT (1862-1918), Bauerngarten (1907), vendu 59 004 638 $ en mars dernier par Sotheby's Londres. Courtesy of Sotheby's

Retrouvez l'intégralité du rapport ici.

Commentaires