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D’après « The Global Art Market Report », le chiffre d’affaires global des œuvres d’art vendues aux enchères au cours de ces six derniers mois s’élève à 8,45 milliards de dollars, soit une augmentation de 18 % par rapport à la première moitié de 2017. Cette progression, constante depuis l’an dernier, a débuté avec une hausse de 9 % au premier semestre 2017, et de 32 % au deuxième semestre. Des résultats encourageants qui semblent confirmer que les répercussions de la crise financière de 2008 prennent enfin leurs distances.

Cette nouvelle « stabilité » est due en partie au nombre impressionnant de lots vendus chaque semestre (environ 250 000). Les 262 000 lots dispersés au cours du premier semestre 2018 représentent une augmentation de 2,5 % par rapport au S1 2017.

Sotheby’s et Christie’s, avec un chiffre d’affaires conjoint s’élevant à 5,2 billions de dollars, représentent 61,5 % des ventes aux enchères totales (toujours pour l'art) de ce début d’année.

Évolution du chiffre d'affaires du marché de l'art par année et par semestre Évolution du chiffre d'affaires du marché de l'art par année et par semestre, charte ©Artprice

Les chiffres de ce premier semestre placent donc 2018 en quatrième position parmi les 11 dernières années qui figurent sur le classement de Artprice.

La performance du marché de l’art dit « High end » (œuvres adjugées à plus de 5 millions de dollars) dépend fortement du contexte économique général, mais aussi du niveau de confiance accordé au marché au moment des ventes. Le nombre de lots vendus à plus de 5 millions de dollars en 2018 indique que la situation économique est aujourd’hui particulièrement favorable, car on en comptabilise 229, contre seulement 163 pour le S1 2017.

Tableau des 10 œuvres les plus performantes du S1 2018, image ©Artprice Les 10 œuvres les plus chères du S1 2018, image ©Artprice

La poignée d’œuvres exceptionnelles qui dépassent les 100 millions (deux pour le S1 2018, Amedeo Modigliani et Picasso) n’apparaissent que très rarement en salle des ventes, mais peuvent avoir un impact sur le chiffre d’affaires global du marché de l’art, comme ce fut le cas pour le Salvator Mundi (qui représente 3 % du chiffre d'affaires total des ventes d'art en 2017).

Les États-Unis demeurent leaders du marché mondial, avec un total de 47 000 lots vendus (contre 41 500 pour la France), ainsi que l’adjudication des 6 œuvres d’art les plus chères de ce premier semestre, toutes dispersées à New-York en mai dernier. Le marché américain a généré 3,3 billions de dollars de chiffre d’affaires pour le S1 2018, soit 48 % de plus que l’an passé.

Distribution géographique du marché de l'art pour S1 2018, graphique ©Artprice Distribution géographique du marché de l'art pour S1 2018, graphique ©Artprice

France

Dans la catégorie « Fine Art », ce sont plus de 25 000 lots qui sont passés sous le marteau parisien, et grâce aux influentes maisons de ventes disséminées dans l’hexagone, telles que Drouot, Artcurial, Aguttes, Tajan, ou Cornette de Saint-Cyr, la France a le luxe de ne pas dépendre intégralement des deux leaders mondiaux (Sotheby’s et Christie’s) pour enregistrer de bonnes performances.

Même si Paris représente 87 % du chiffre des ventes d’œuvres d’art en France, il n’est pas impossible de voir de beaux résultats en province, comme la vente du tableau « Chasse au taureau sauvage (Bateng) » de Raden Saleh, adjugé pour 11 millions en janvier 2018 chez Philippe Ruellan à Vannes.

L’Art Moderne a le vent en poupe

Amedeo Modiglianis, « Nu couché (sur le côté gauche) », 1917, image ©Sotheby's Amedeo Modiglianis, « Nu couché (sur le côté gauche) », 1917, image ©Sotheby's

Les collectionneurs ont manifesté un intérêt particulièrement vif pour les œuvres réalisées entre 1900 et 1940, qui englobent les derniers chefs-d’œuvre impressionnistes, et surtout, qui s’inscrivent dans la période la plus prolifique de l’Art moderne. Pour ce premier semestre, l’art du XXe siècle représente 80 % du chiffre total des ventes aux enchères de la catégorie « Fine Art ».

Parmi les dix œuvres les plus chères de cette première moitié d’année, huit ont été exécutées entre 1900 et 1940, ce qui place bon nombre d’artistes impressionnistes et modernes dans le top 20, comme Claude Monet, Picasso, Modigliani ou encore Matisse.

Les 20 artistes de 2018

Le top 20 des artistes de 2018 à ce jour, tableau ©The Art Market Monitor Le top 20 des artistes de 2018 à ce jour, tableau ©The Art Market Monitor

Pablo Picasso et Andy Warhol ne sont pas étrangers aux têtes de classement, et cette année n’échappe pas à la règle. Le chiffre réalisé par les deux maîtres est colossal, mais aussi divisé par un nombre considérable d’œuvres vendues.

Les œuvres datant de la seconde moitié du XIXe et du XXIe ont été produites en plus grand nombre, et l’apparition d’artistes comme Warhol, Richter, ou Hockney au sein du classement prouve que la demande pour ces travaux est tout aussi importante. Les périodes artistiques récentes prennent de l’importance, tant par le nombre de transactions effectuées que par le chiffre d’affaires réalisé.

Le marché se familiarise progressivement avec Jean-Michel Basquiat, qui se hisse sur la quatrième marche du podium avec 64 œuvres vendues, tandis que Constantin Brancusi parvient à s’immiscer en 15ème place avec seulement 3 œuvres adjugée au cours du semestre.

Jean-Michel Basquiat, « Flexible », 1984, vendu pour 45,3 millions de dollars, image ©Phillips

En 6ème position, on retrouve l'artiste chinois Zao Wou-ki, avec un chiffre notable de 154 558 288 dollars. Les œuvres du peintre expressionniste ont majoritairement été dispersées à Hong Kong (74 %) et en France (14 %).

En 20ème position arrive Yayoi Kusama, la troisième et dernière artiste vivante du classement (avec Richter et Hockney) et seule représentante de la gent féminine. Elle cumule un chiffre d’affaires de 61 861 631 pour 344 œuvres vendues.

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