Un ralentissement des ventes internationales d'art d'après-guerre

Les ventes d'art moderne et contemporain des grosses maisons de ventes internationales sont des indicateurs majeurs de la santé du marché de l'art.

En 2016, ces ventes (du jour et du soir) ont représenté un résultat de 2,3 milliards de dollars sur les deux marchés de New York et Londres, soit une baisse de 32,7% par rapport à 2015. Londres connaît le plus gros ralentissement avec une baisse de 41%, comparativement à 30% pour la place de New York.

Au total, huit marchés sur dix connaissent un ralentissement de leurs ventes d'oeuvres d'art moderne et contemporain en 2016.

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Cependant, une sensible reprise du marché de l'art s'observe au second semestre 2016. Christie's, Sotheby's et Phillips annoncent une baisse d'uniquement 25,1% en comparaison avec les six derniers mois de 2015.

Une offre qui se tarit

Au cours du second semestre de 2016, l'élection présidentielle américaine et l'inconnu lié à l'impact du Brexit semblent avoir affecté le volume de lots mis en vente, notamment sur le secteur de l'art contemporain haut de gamme.

Dans la catégorie des oeuvres à plus de 5 millions de dollars, les ventes ont chuté de 35,2% en 2016. Même phénomène pour les oeuvres de plus de 20 millions de dollars qui ont diminué de 55,2% en un an.

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Au quatrième trimestre de 2016, les trois maisons leaders Christie's, Sotheby's et Phillips accusent le coup et observent une baisse de 17,5% du volume de lots vendus par rapport à la même période en 2015.

Pour ces trois maisons, le prix moyen des lots vendus (toutes catégories confondues) au dernier trimestre de 2016 s'établissait à 90 516 dollars, soit un résultat en baisse de 9,3% par rapport à la même période l'an dernier (avec une moyenne de prix alors à 99 817 dollars).

Une troisième maison dans l'équation? 

Phillips a entamé une stratégie agressive en recrutant des membres seniors des deux maisons Christie's et Sotheby's, brisant ainsi une hégémonie depuis longtemps établie. C'est un vrai jeu des chaises musicales qui se joue entre ces trois maisons de ventes.

Sotheby's cherche à rester dans la course en faisant appel aux ressources externes de l'agence d'art Art Agency Partners fondée en janvier 2016 par Amy Cappellazzo -ex de Christie's-, en recrutant récemment David Schrader, collectionneur et ancien directeur de JP Morgan ou en rachetant Mei Moses Art Indices, une société d'analyse du marché de l'art.

Cependant, la majorité (54%) des experts interrogés dans l'enquête ArtTactic de 2017 pense que Christie's restera cette année la maison leader dans le secteur de l'art d'après-guerre. Seulement 4% croient que Phillips puisse réellement devenir la maison dominante dans ce secteur. Ce chiffre, qui était à zéro l'année dernière, prouve cependant que les récentes stratégies de recrutement de Phillips ont un réel impact sur le paysage concurrentiel actuel.

L'incertitude politique: le plus gros risque qui guette le marché de l'art en 2017

Avec l'avènement de Brexit et l'élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, l'incertitude risque de dominer le monde en 2017, et le marché de l'art n'y fera pas exception.

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La confiance en la stabilité du système est remise en cause. Les prochaines élections en France, en Allemagne et au Pays-Bas pourraient intensifier ce sentiment dans les douze prochains mois.

L'Europe tire son épingle du jeu

En 2016, l'Europe s'en sort plutôt bien par rapport au reste du monde. Paris, Milan et Amsterdam sont actifs dans le domaine des enchères d'après-guerre et engrangent un résultat de 149,7 millions de dollars en 2016, soit une baisse relative de 20,9% par rapport à 2015. En termes de parts de marché, Paris est le leader incontournable de ce trio de tête et domine les enchères en Europe continentale.

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Malgré les inconnues liées au climat politique européen, 32% des experts interrogés par ArtTactic estiment que le marché européen connaitra une croissance des les douze prochains mois (contre seulement 14% en janvier 2016). Cela indique une évolution des mentalités vers une attitude plus positive de la situation du marché de l'Europe continentale en 2017.

Avec l'incertitude qui règne suite au Brexit, c'est Londres qui pourrait en faire les frais, en perdant des parts de marché significatives dans la zone euro.

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