En organisant la toute première vente d'une chapelle appartenant à un particulier, Rouillac a orchestré des enchères d'un genre nouveau.

De style néogothique, la chapelle date de la fin du XIXe siècle et se situe dans une propriété privée de la commune de Saint-Firmin-des-Prés, en Loir-et-Cher.

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Cet édifice religieux et non classé est la propriété depuis sept ans de Jacques Waynberg, l'un des pionniers de la sexologie en France. Agé de 76 ans, il a décidé de s'en séparer, à contrecoeur, n'ayant pas les moyens de le restaurer.

"Nous avons sollicité des associations locales de préservation du patrimoine, mais les travaux de restauration sont trop lourds. Ce qui me fait le plus de peine, c'est de voir cette chapelle s'abîmer au fil des semaines. L'un des murs menace de s'effondrer sur l'autel. Il faut la sauver de la casse" s'est alarmé le propriétaire.

Le clocher en bois et une bonne partie de la toiture ont été balayés, victimes de la tempête de 1999. L'autel, le bénitier et le confessionnal ont tenu bons mais sont pris d'assaut par la végétation. Les murs de la chapelle menacent de s'effondrer à tout moment.

Cet ancien lieu de culte avait été érigé par Guy de Lavau, fils du préfet de police de Charles X, pour y célébrer les cérémonies de la famille.

Jacques Waynberg a confié la vente de ce bâtiment insolite aux commissaires-priseurs Philippe et Aymeric Rouillac, qui avaient notamment dispersé un fragment des escaliers de la Tour Eiffel. La seule condition pour l'acquéreur? S'engager à démonter l'édifice pour le restaurer l'installer ailleurs! Une contrainte de taille qui n'a semble-t-il pas freiné les quelques personnes intéressées.

Mise à prix pour 5 000 euros, la chapelle du XIXe siècle a finalement été adjugée pour 20 000 euros (24 000 euros avec les frais acheteurs).

C'est Monique Pozzo di Borgo, collectionneuse d'art religieux et passionnée de patrimoine, qui a proposé l'enchère la plus haute.

Désormais nouvelle propriétaire de la chapelle, elle compte la faire transférer dans sa propriété de Vouzon, en Sologne. En principe, elle ne dispose que d'un mois pour déplacer l'édifice de chez Jacques Waynberg. "Mais elle aura le temps qu'elle voudra", glissait le désormais ancien propriétaire, après une vente qu'il considère comme "inespérée".