David Hockney naît en 1937 à Bradford, en Angleterre. Il crée ses premières œuvres aux beaux-arts de la ville, inspirées du réalisme social et du mouvement Kitchen Sink (Nude, 1957). En 1959, il intègre le Royal College of Art de Londres. Il découvre Alan Davie, Jean Dubuffet et Francis Bacon. Dès cette époque, il s’appuie sur deux sources d’inspiration majeures : Matisse pour la couleur et Picasso pour l’expérience.

Dans les Propaganda Paintings et les Love Paintings, il milite pour les causes homosexuelle et végétarienne. Lors de l’exposition « Young Contemporaries », en 1961, il présente quatre tableaux inspirés du Pop art et de l’expressionnisme abstrait (Demonstrations of Versatility). L’influence des maîtres classiques apparait également de façon claire.

David Hockney, Bigger Splash, 1967, image via Tate Modern
David Hockney, Bigger Splash, 1967, image via Tate Modern

Mais le vrai tournant intervient en 1964. Attiré par le rêve américain, Hockney emménage en Californie. Le choc avec la grisaille industrielle du Yorkshire est brutal. Il se transcrit immédiatement sur la toile. La peinture acrylique envahit la surface comme un reflet des mirages aveuglants de l’American way of life (culte du corps, argent, libéralisation morale). Hockney peint des piscines aux formes hourloupiennes se déployant dans le style des colorfield paintings de Mark Rothko (Bigger splash, 1967).

David Hockney, A lawn being sprinkled, 1967, image via Pinterest David Hockney, A lawn being sprinkled, 1967, image via Pinterest

Sa peinture se divise alors en deux tendances : les « Technical Pictures », expérimentales, et les « Extremely Dramatic Pictures », plus narratives. La dilution des couleurs atteint parfois à l’extrême, tandis que les façades de building et les gazons taillés cernent les contours d’un mode de vie minimaliste (A Lawn being sprinkled, 1967).

En 1968, Hockney se lance dans une série de grands doubles portraits reconnus comme des chefs-d’œuvre de modernité (Christopher Isherwood and Don Bachardy, 1968). Dans Mr and Mrs Clark and Percy (1971), il s’inspire des Époux Arnolfini de Jan van Eyck (1434). Hockney conçoit des décors et des costumes d’opéra pour des pièces d’Igor Stravinsky. Cette aventure occasionne la reprise d’une célèbre estampe de William Hogarth (Kerby (After Hogarth) Useful Knowledge, 1975).

David Hockney, Mr and Mrs Clark and Percy, 1970-71, image via Tate Modern
David Hockney, Mr and Mrs Clark and Percy, 1970-71, image via Tate Modern

Au début des années 1980, Hockney explore la photographie. Il mène des recherches sur Picasso, l’art asiatique, et poursuit des lectures métaphysiques. Nichols Canyon (1980) synthétise l’application de ces champs d’expression. Afin de dépasser le réalisme photographique, le peintre développe des techniques propres. Il assemble des joiners et recompose des figures à partir d’images multiples (Pearblossom Highway, 1986).

David Hockney, Pearblossom Highway, 1986, image © David-Hockney.org
David Hockney, Pearblossom Highway, 1986, image © David-Hockney.org

Prolégomènes d’une réflexion plus large sur la reproductibilité de l’œuvre d’art, qui s’amorce avec l’usage des outils informatiques. « Si un tableau est vraiment magnifique, déclare l’artiste, une reproduction, même de mauvaise qualité, restitue une bonne part de sa magie. Il est difficile de définir de quoi il s’agit, et c’est la raison pour laquelle le mot magie est approprié ». 

Dans les années 1990, Hockney revient dans le Nord de l’Angleterre. Il peint les sites champêtres de son enfance (Garrowby Hill, 1998) et compose des clichés sur le thème des quatre saisons. Dans l’une de ses meilleures toiles tardives, Birth, Copulation and Death (1997), il illustre un poème de T. S. Eliot. Le format trapézoïdal n’est pas sans rappeler les panneaux de retables peints par les vieux maîtres.

David Hockney, Birth, Copulation and Death, David Hockney, 1997, image via useum.org
David Hockney, Birth, Copulation and Death, David Hockney, 1997, image via useum.org

Sa vision artistique explose dans des formats monumentaux en guise d’ode à la nature. Bigger Trees Near Water (2007) mesure 4,57 × 12,19 mètres ! Il s’agit en réalité d’un assemblage de plusieurs toiles, conçu là aussi grâce à l’outil informatique. Fasciné par les nouvelles technologies, Hockney expose en 2009 des créations réalisées sur l’iPhone (galerie Annely Juda, Londres). Des centaines d’images se déclinent en portraits ou en natures mortes rappelant les tournesols de van Gogh et les soleils mourants de Turner.

David Hockney, Bigger Trees near Warter, 2007, image via artuk.org
David Hockney, Bigger Trees near Warter, 2007, image via artuk.org

Le succès artistique de David Hockney égale sa réussite financière. Son actualité récente montre à quel point il est aujourd’hui l’un des peintres les plus en vue. Une rétrospective d’ampleur mondiale organisée en 2017 par le Centre Pompidou, la Tate Gallery et le Metropolitan Museum réunissait 160 œuvres de l’artiste.

David Hockney, Portrait of an Artist (Pool with two Figures), image © Christie’s
David Hockney, Portrait of an Artist (Pool with two Figures), image © Christie’s

Côté marché enfin, Hockney est désormais le roi. Il vient tout juste de détrôner Jeff Koons au rang d’artiste vivant le plus cher au monde. Le 15 novembre 2018, l’œuvre Portrait of an artist (Pool with two figures), peinte en 1972, s’est envolée pour 90,3 millions de dollars (Christie’s New York). Qui dit mieux ?

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Image d'en-tête : David Hockney, Jane Bown Pictures