Antonio Saura, né en septembre 1930 à Huesca (Espagne), est un plasticien visionnaire de l'art après-guerre que les critiques ont inscrit sans mal dans l’histoire de l’art et la littérature espagnole.  

Après avoir été alité pendant cinq ans à cause de la tuberculose, Saura commence à peindre et à écrire en 1947, à Madrid. À ses débuts, il produit surtout des dessins et des peintures aux motifs oniriques et surréalistes, illustrant des paysages imaginaires dans une palette animée, inspirés des œuvres d’Hans Arp et Yves Tanguy.

 En 1952 et de 1954 à 1955, Saura réside à Paris. Il y rencontre Benjamin Péret et entre dans le cercle des artistes surréalistes de la scène parisienne de l’époque. Peu de temps après, il se lie d'amitié avec le peintre Simon Hantaï, et voit sa propre peinture abstraite prendre évoluer vers des compositions organiques, presque indéterminées, ponctuées de touches de vert.  

Au cours de la seconde moitié des années 50, Saura se tourne vers le motif de la figure féminine, l'étude de nu, l'autoportrait et même la scène de crucifixion. À la fin de la décennie, il fonde le groupe El Paso et fait la rencontre du critique français Michel Tapié.

Après des expositions à Munich et à New-York, plusieurs musées font entrer les œuvres de Saura dans leurs collections. Aujourd'hui, Saura est majoritairement représenté au dans les collections de la Tate et de l'Institut d'art contemporain de Londres.

Étant opposé aux idéaux et aux tendances contemporaines, Saura se détourne des motifs saturés de couleur au profit des tons noir, bleu et marron. Parallèlement, il reçoit des commandes pour illustrer des poids lourds de la littérature, tels que Don Quichotte de Miguel de Cervantes, 1984 de George Orwell, et Tagebücher de Franz Kafka.

À la fin des années 1960, l'artiste s'installe à Paris et s'enrôle dans le mouvement d'opposition à Franco, il s’investit dans des débats sur la politique, l'esthétique et la création artistique de l’époque.

Dans les années 1970, Saura abandonne la peinture à l'huile et se consacre exclusivement au support papier, la lithographie devenant sa technique de prédilection. Durant cette période, il crée la série de sérigraphies Moi (1976).

Au cours de la décennie suivante, Saura commence à écrire davantage et fait publier ses textes. Parallèlement, il collabore avec son frère, le réalisateur Carlos Saura, et décroche plusieurs projets en scénographie pour le théâtre, le ballet, et l'opéra.

En 1998, Antonio Saura décède à Cuenca, laissant derrière lui un solide héritage artistique surréaliste d’après-guerre. Ses illustrations, sérigraphies et peintures influencent encore l’esthétique espagnole 

Toutes les sérigraphies illustrées dans cet article seront proposée à la vente chez Durán Arte y Subastas, le 28 mars prochain. 

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