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Marie-Antoinette et Sotheby’s, c’est une affaire qui marche. Avec l’annonce de la vente évènement des bijoux royaux cet automne, ainsi que l’adjudication du vase de Sèvres, la maison de ventes britannique nous en fait découvrir un peu plus sur l’histoire de la célèbre souveraine.

Un inventaire de la manufacture de Sèvres, effectué au 1er janvier 1774, rapporte que le stock ne contenait qu’une seule paire de vases, décrits très précisément comme « 2 vases à oreilles, 3e grandeur, paysage riche en or », et coûtant 288 livres.

Portrait de Marie-Antoinette en chemise, par Élisabeth Vigée Lebrun, image ©The Metropolitan Museum of Art Portrait de Marie-Antoinette en chemise, par Élisabeth Vigée Lebrun, image ©The Metropolitan Museum of Art

Au cours de l’année 1774, la Reine Marie-Antoinette achète sa première paire de vases de Sèvres, deux vases à oreilles richement décorés, au prix exact de 288 livres. Les historiens ont constaté que la Reine n’a pas acheté d’autres pièces similaires au cours de l’année 1774, et que ladite paire de vases à oreilles n’apparaît pas dans l’inventaire de la manufacture l’année suivante.

Au cours de son règne, la Reine n’achète qu’un nombre assez limité de vases de Sèvres. Elle s’offre cinq sets de trois, cinq paires et deux vases individuels.

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La forme particulière du vase à oreilles est conçue par Jean-Duplessis dans la manufacture de Vincennes en 1754, et à l’opposé des autres vases issus des années 1750, ce dernier ne se démode pas lorsque que la tendance néoclassique fait son apparition.

Le fin décor du vase adjugé chez Sotheby’s est réalisé par Nicholas Schrade, tout juste arrivé à la Manufacture de Sèvres pendant la production de l’objet. Le paysage est basé sur la gravure de 1748 par Giovanni Battista Piranesi, plus connu sous le nom de Piranèse. On peut y apercevoir L’Arc de Drusus à Rome, la composition présente également diverses figures ainsi qu’une forteresse en arrière-plan.

Gravure de Peronèse, vers 1748, image ©Metropolitan museum of Art, New York Gravure de Piranèse, vers 1748, image ©Metropolitan museum of Art, New York

L’objet aux dorures florales délicates est entré en salle des ventes le 4 juillet avec une estimation fixée entre 60 000 et 90 000 livres, avant de s’envoler pour 100 000 livres (113,500 euros).

Le Petit Trianon

Le Petit Trianon, image via Architectural Digest Le Petit Trianon, image via Architectural Digest

La construction du Petit Trianon, menée par Ange-Jacques Gabriel, s’achève en 1768. Suite à sa récente montée sur le trône, le jeune Roi Louis VXI offre le petit pavillon accompagné de son domaine à son épouse Marie-Antoinette en 1774.

La jeune Reine en fait son univers personnel et intime, elle y tient des réceptions privées et des spectacles où les invités se délassent, loin de l’agitation de la cour. Après avoir érigé un petit théâtre de société, appelé Le Théâtre de la Reine, elle décide d’améliorer la botanique du domaine, qu’elle trouve trop monotone, et fait aménager un jardin à l’anglaise.

Le Théâtre de la Reine, image ©Chateauversailles.com Le Théâtre de la Reine, image ©Chateauversailles.com

Tout dans l’univers du Petit Trianon est exécuté pour le plaisir immédiat de la Reine. D’un côté, elle s’adonne à des activités relaxantes et insouciantes, et de l’autre, organise des divertissements et des fêtes excessives restées célèbres.

Le jardin Anglais, domaine du Petit Trianon, image ©Chateauversailles.com Le jardin Anglais, domaine du Petit Trianon, image ©Chateauversailles.com

Les experts et historiens croient fortement que le vase à oreilles était destiné, ou tout au moins placé, dans le Petit Trianon. Le décor qui y est peint évoque l’aspect pittoresque du « Palais des Plaisirs » créé par la Reine. Cependant, en l’absence d’inventaires, tous perdus après la Révolution Française, il est impossible d’affirmer avec exactitude l’usage du vase.

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