Aurait-on trouvé la dernière sculpture de Léonard de Vinci ?

Selon un expert de la Renaissance de l'Université de Naples, une statue de Madone autrefois attribuée à Antonio Rossellino serait la dernière sculpture de De Vinci ayant survécu.

Aurait-on trouvé la dernière sculpture de Léonard de Vinci ?

Le nom de Léonard de Vinci est synonyme du génie de la Renaissance. Le maître aux multiples facettes était un peintre, un ingénieur, un philosophe, un expert en anatomie, mais aussi un sculpteur. Malheureusement, aucune de ses œuvres en trois dimensions n’a survécu jusqu’à aujourd’hui, ou aucune n’a pu lui être clairement attribuée. 

Autoportrait de Léonard de Vinci, v. 1512, image ©Biblioteca Reale, Turin
Autoportrait de Léonard de Vinci, v. 1512, image ©Biblioteca Reale, Turin

Selon The Guardian, un groupe de scientifiques mené par le professeur et expert de la Renaissance Francesco Caglioti, de l'Université de Naples, affirme qu'une sculpture du XVe siècle conservée dans la collection du Victoria & Albert Museum de Londres a été mal attribuée, et qu'elle serait bien de la main de De Vinci.

Madone à l’enfant qui rit, v. 1472, image ©Victoria & Albert Museum, Londres via The Guardian
Madone à l’enfant qui rit, v. 1472, image ©Victoria & Albert Museum, Londres via The Guardian

La figure en terre cuite est intitulée Madonna à l’enfant qui rit, et appartient à l’institution londonienne depuis 1858. John Pope-Hennessy, directeur du musée de 1967 à 1973, avait attribué l’œuvre à un artiste de la Renaissance légèrement antérieur à De Vinci, Antonio Rossellino (1427/28 - 1479), qui a passé la majeure partie de sa vie à Florence.

Léonard de Vinci, La Vierge et l’Enfant avec Sainte-Anne, 1509, huile sur bois, image ©Louvre, Paris
Léonard de Vinci, La Vierge et l’Enfant avec Sainte-Anne, 1509, huile sur bois, image ©Louvre, Paris

Cependant, selon Caglioni, l’œuvre présentes plusieurs similitudes avec le travail de Léonard de Vinci : sur le visage de la Madone se dessine un sourire distinctif, propre aux œuvres du maître, comme la Mona Lisa. La combinaison du sourire et de la perspective se rapproche également de l’expression de Saint-Anne dans l'huile sur toile La Vierge et l'Enfant avec Sainte-Anne, datée de 1509, conservée au Louvre.

Madone à l'enfant qui rit est datée aux alentours de 1472, alors que Léonard de Vinci, âgé d’une vingtaine d’années, suivait son apprentissage dans l'atelier d’Andrea del Verrocchio. Les dessins conservés par le jeune prodige à l'époque démontrent qu'il visait à maîtriser la représentation des plis de vêtements et des drapés, que l’on peut également observer sur ladite figure en terre cuite.

Gauche : Madone à l’enfant qui rit, v. 1472 / Droite : Antonio Rossellino, Madonna and Child, v. 1475, images ©V&A via The Guardian / ©Bode-Museum, Berlin
Gauche : Madone à l’enfant qui rit, v. 1472 / Droite : Antonio Rossellino, Madonna and Child, v. 1475, images ©V&A via The Guardian / ©Bode-Museum, Berlin

Pourquoi John Pope-Hennessy était-il convaincu que la sculpture était une œuvre d'Antonio Rossellino ?

Rossellino était un maître du bas-relief qui a favorisé le motif de la Madone à plusieurs reprises. La Vierge à l'Enfant, une œuvre en terre cuite ajustée dans un cadre doré et conservée au musée de Bode à Berlin, a été créée par Rossellino vers 1475 et, seule ombre au tableau de Caglioni, présente des similitudes évidentes avec la Madone à l'enfant qui rit.

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