Gauche : Shachi (Shachihoko), Zanmai, 2017 / Droite : Dragon inrô, Serge Raoux, 2014, image ©Lempertz Gauche : Netsuke Shachi (Shachihoko), Zanmai, 2017 / Droite : Sagemono, Dragon inrô, Serge Raoux, 2014, image ©Lempertz

Pour ses deux prochaines ventes d’Art Asiatique prévues les 15 et 16 juin, Lempertz a sélectionné de nombreuses merveilles du Japon, de Chine, du Népal ou encore du Tibet et offrira aux collectionneurs un beau voyage folklorique. La vente du 16 mai sera dédiée tout particulièrement à l’art des Sagemono et Netsuke et présentera une extraordinaire collection de créations contemporaines.

L’histoire des Sagemono et Netsuke remonte déjà à plusieurs siècles, car c’est principalement au cours de la Période Edo (1615-1868) que ces objets étonnants ont été démocratisés. D’abord conçus pour mettre fin à un simple problème d’habillement, ces petites curiosités sont aujourd’hui profondément ancrées dans les traditions Japonaises et sont reconnues comme des œuvres d’art et d’artisanat à part entière.

Leur invention prend racine dans l’habillement. C’est en portant le traditionnel kimono que les japonais s’aperçoivent qu’ils ne sont pas en mesure de se déplacer avec leurs effets personnels. Le kimono ne possède effectivement pas de poches et limite le transport de biens de petite taille comme argent, instruments de calligraphie, médicaments ou tabac.

Sagemono

Le Sagemono est une petite boîte, un contenant qui permet d’y introduire ses objets du quotidien et qui s’accroche au Obi (ceinture) du kimono. Il est d’abord un pur objet utilitaire mais devient rapidement une nécessité et agrémente la robe japonaise de manière presque systématique.

Image via netsuke.com

Au fil du temps, le Sagemono est considéré comme un réel accessoire et voit son esthétique se développer fortement. Les artisans mettent leur créativité à l’épreuve pour sculpter, peindre et orner les petites sacoches et explorent l’utilisation de matériaux variés comme le bois, l’os, l’ivoire et la résine. Si les femmes portent le Sagemono dans les manches de leur kimono, les hommes doivent le suspendre à leur Obi. Pour se faire, tous les Sagemono sont pourvus d’une cordelette qui est ajustée sous la ceinture de l’habit, et sont ensuite sécurisés par un autre petit objet : le dénommé Netsuke.

Netsuke

Le Netsuke connaît la même évolution plastique que la boîte qu’il accompagne. Au tout début, un simple bout de bois, d’os ou de coquille fait l’affaire, mais après sa démocratisation, son apparence se transforme et s’harmonise avec l’élégant kimono. Le terme est composé des deux caractères japonais « net » et « suke », qui signifient respectivement « racine » et « attacher ».

Avant d’être illégal, l’ivoire est le matériau le plus répandu pour la fabrication des Netsuke, pour être ensuite remplacé par le buis et des bois plus résistants. Pour dénicher leur sujet, les artisans puisent leur inspiration dans la nature et les animaux du zodiac, même si tous les thèmes ont par la suite été exacerbés. On trouve ainsi des créations illustrant la vie quotidienne, des créatures mythologiques et même des scènes érotiques.

Attention toutefois à ne pas confondre toute figurine avec un Netsuke : en effet, il se caractérise par ses cavités (une ou deux) dans lesquelles sont introduites les cordelettes du Sagemono.

En près de 300 ans, le Netsuke et passé de simple objet pratique à chef-d’œuvre de l’artisanat. Encore aujourd’hui, on s’impressionne du savoir-faire des artisans, qui sculptent avec habilité des formes complexes à une si petite échelle et font de leurs créations modernes et contemporaines des œuvres très prisées des collectionneurs.

Tengu, Zanmai, 2017, à droite, cavité sous le Netsuke pour le passage de la corde, images ©Lempertz Tengu, Zanmai, 2017. À droite : cavité sous le Netsuke pour le passage de la corde, images ©Lempertz

La sélection complète sera à découvrir chez Lempertz, retrouvez plus d’informations sur les ventes du 15 et 16 mai ici.

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