Avec un chiffre d’affaires des ventes aux enchères de 4,79 milliards de $ en 2016, soit 38 % des parts de marché mondial, la Chine occupait l'an dernier la première place mondiale du marché de l’art (devant les Etats-Unis qui ont atteint 3,5 milliards de $ en 2016). Et pourtant, le marché global des artistes chinois et des antiquités chinoises, depuis son explosion en 2011, continue de ralentir. Culminant à 6,7 milliards de $, le chiffre d’affaires mondial des ventes aux enchères d’art chinois accuse une baisse de 5% en 2016. Ce déclin (pour la troisième année consécutive), certes léger, cache une réalité plus complexe : le marché est en hausse en Chine (4,8 milliards de $, soit+7% par rapport à 2015), mais est en chute libre à travers le reste du monde (1,9 milliards de $, soit -27% par rapport à 2015).

Ventes globales (en USD) de l’art chinois de 2011 à 2016. Courtesy Arnet Ventes globales (en dollars) de l’art chinois de 2011 à 2016. Courtesy of Artnet

En Chine, le marché est porté par certaines ventes exceptionnelles, c’est-à-dire celles concernant des lots adjugés pour un prix supérieur à 1,5 million de $. En 2016, la Chine fut l’hôte de 29% des ventes de ce genre de lots, soit deux fois plus qu’en 2015. On se souvient notamment du rouleau Five Drunken Kings Return on Horses, de Ren Renfa, vendu en décembre par Beijing Poly International pour 45,54 millions de $ (record pour une œuvre d’art chinoise en 2016). Ainsi, le prix moyen au marteau lors des ventes chinoises augmente depuis 2013, et s’élève cette année à 18 967 $.

Five Drunken Kings Return on Horses, Ren Renfa, Courtesy CHINA DAILY Ren Rafa, Five Drunken Kings Return on Horses, vendu pour plus de 45 millions de $ par Beijing Poly International. Courtesy of CHINA DAILY

En revanche, dans le reste du monde, pour la première fois depuis sept ans, moins de maisons qu’en 2015 ont opéré des ventes d’art chinois. De la même manière, moins de lots furent proposés. Les Etats-Unis et l’Europe, qui représentaient 33% des ventes d’art chinois en 2011, n’en représentent aujourd’hui plus que 21%. Ainsi, 2016 confirme la mutation en cours du marché chinois : il se concentre de plus en plus vers l’Asie. 78,6% des ventes d’art chinois ont lieu en Asie, dont 71,6% en Chine. En fait, après s’être fortement internationalisé, le marché des artistes chinois redevient de plus en plus domestique.

Mais une des raisons est plutôt simple : les plus grandes maisons de vente sont désormais toutes très bien implantées en Asie. En avril 2016, Sotheby’s Hong Kong vendait par exemple Peach Blossom Spring, de Zhang Daqian (l’artiste le plus rémunérateur de 2016 avec 885 œuvres vendues pour un total de 335 millions de $), pour 34,50 millions de $. En 2013, Christie’s devenait la première maison implantée en Chine continentale, suivie par Sotheby’s depuis. Un marché qui se concentre géographiquement donc, l’année 2017 nous dira si ces mutations du marché chinois s’affirment encore un peu plus.

 

Zhang Daqian, Peach Blossom Spring (1982) Courtesy Sotheby’s Zhang Daqian, Peach Blossom Spring (1982), vendu pour plus de 34 millions de $ par Sotheby’s Hong Kong. Courtesy of Sotheby's

 

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