1. L'élection de Donald Trump

Le 8 novembre dernier, l’élection du magnat de l’immobilier à la Maison-Blanche a été une surprise pour le monde entier. Alors que presque tous les sondages le donnaient perdant, Donald Trump a remporté son pari contre la candidate démocrate Hillary Clinton (qui a cependant gagné le vote populaire).

S'il faudra attendre l'investiture de Trump en janvier 2017 et les mois qui suivront pour se faire une idée plus précise de l'état du marché de l'art, le personnage a déjà créé un fort rejet de la part de l'establishment artistique américain.

Trump caricaturé dans des urinoirs à Paris, Artiste inconnu Image via artpin.com Trump caricaturé dans des urinoirs à Paris, Artiste inconnu
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Donald Trump n'a annoncé aucune politique culturelle à proprement parler et ses intentions restent flous sur d'éventuelles commandes artistiques qui pourraient accompagner son grand plan d'infrastructures. Cependant, l'économie américaine a réagi positivement à l'élection de Trump et cela pourrait avoir des conséquences favorables sur les ventes d'art américaines. Affaire à suivre donc.

2. Le Brexit

Alors que les plus gros acteurs du marché de l'art soutenaient le maintien du Royaume-Uni dans l'Union Européenne, les anglais ont voté le 23 juin 2016 pour sa sortie.

La nouvelle a été accueillie avec inquiétude dans les capitales européennes, qui ont craint les soubresauts économiques et politiques du départ d’un des poids lourds de l’UE.

Aujourd'hui, les conséquences directes sur le marché de l'art sont encore dures à dessiner. À court terme, cela a certes boosté les ventes et encouragé les acheteurs étrangers à profiter d'une livre sterling affaiblie, mais à long terme, qui voudra vendre ses oeuvres d'art sur le sol britannique si la monnaie est si faible? Et qu'en est-il de la fiscalité autour des ventes d'oeuvres d'art?

Theresa May a annoncé une longue marche vers le Brexit Image via arcinfo.ch Theresa May a annoncé une longue marche vers le Brexit
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La nouvelle première ministre Theresa May prévoit activer au printemps 2017 l’article 50 du traité de Lisbonne, qui ouvre une période maximale de deux ans pour négocier la sortie de l’UE.

3. Une série noire d'attentats

En 2016, la série d'attentats meurtriers revendiqués par le groupe armé État islamique (EI) s'est poursuit en Europe. Bruxelles, Nice, Magnanville, Saint-Étienne-du-Rouvray, Berlin...l'EI a multiplié les attentats-suicides et a traumatisé les populations.

L'impact économique de ces attentats est certain. Malgré un renforcement du dispositif de sécurité des institutions culturelles, les touristes désertent l'Europe.

Le Louvre sous haute surveillance Image BERTRAND GUAY / AFP Le Louvre sous haute surveillance
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Le Louvre, musée le plus visité du monde, a vu sa fréquentation baisser de 20% en un an et Paris a perdu près de deux millions de visiteurs.

4. La crise des migrants

La crise des réfugiés et des migrants que connaît actuellement l’Europe est une catastrophe humanitaire imputables aux guerres civiles du Moyen-Orient.

Depuis un an, l’Europe est paralysée par cette crise humanitaire qui échoue sur ses côtes et c'est le nationalisme et le populisme qui s'en trouvent confortés.

Plusieurs artistes ont dénoncé la situation actuelle et réclamé un "traitement plus humain" des migrants.

En janvier, Banksy dénonce les gaz lacrymogènes utilisés sur les migrants de Calais Image via tuxboard.com En janvier, Banksy dénonce les gaz lacrymogènes utilisés sur les migrants de Calais
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Parmi les plus connus, on retrouve les artistes contemporains Banksy, Ai Weiwei ou encore Anish Kapoor, qui commentent régulièrement l'actualité à l'aide de leurs oeuvres d'art.

5. Panama Papers

Le 3 avril dernier, le Consortium international des journalistes d'enquête (ICIJ) publie une fuite de 11,5 millions de documents révèlant l'utilisation de paradis fiscaux par des chefs d'État, des athlètes, des milliardaires, des narcotrafiquants, etc.

Ces Panama Papers ont fait tomber beaucoup de têtes dans le monde de l'art. Une histoire a particulièrement passionné les médias: une oeuvre de Modigliani portée disparue était en réalité secrètement détenue par le marchand David Nahmad via une société offshore.

Amedeo Modigliani. «Homme assis (appuyé sur une canne) », 1918, Huile sur toile, 126 × 75 cm COLLECTION PRIVÉE / BRIDGEMAN Amedeo Modigliani. «Homme assis (appuyé sur une canne) », 1918, Huile sur toile, 126 × 75 cm
COLLECTION PRIVÉE / BRIDGEMAN

Quelles conséquences directes sur le marché de l'art? 

Ces évènements politiques, économiques et sociétaux ne sont pas sans conséquences sur le marché de l'art. Ils obligent les acteurs de l'industrie de l'art à constamment s'adapter au monde dans lequel ils évoluent.

Cette année, les foires ont particulièrement souffert du contexte et plusieurs ont annoncé leurs fermetures définitives. Paris Photo Los Angeles, (Off)icielle ou encore Slick Art Fair, toutes ont annoncé fermer leurs portes en 2016. Entre la baisse du nombre de visiteurs, les coûts fixes énormes, les ventes trop faibles et les galeries qui ont elles-mêmes du mal à joindre les deux bouts, les salons sont les grandes victimes d'un contexte économique et politiques morose.

La Biennale des Antiquaires modernisée et annualisée ou encore la première édition de TEFAF à New York sont autant de tentatives louables pour relancer la machine et aller à la recherche du collectionneur.

Les institutions ont aussi souffert de la baisse d'activité économique et de la chute du tourisme en Europe. Les grands musées résistent et attirent le grand public par des expositions phares, mais les musées plus modestes souffrent et manquent de moyens pour communiquer correctement et attirer un public plus jeune.

Les maisons de ventes ont aussi accusé le coup. D'importantes baisses d’activité à New York et à Londres sont enregistrées pour les leaders Christie's et Sotheby's et la stratégie qui prime est aujourd'hui celui de la prudence et du low-profile.

La France tire cependant son épingle du jeu avec un marché plutôt soutenu et des ventes bien gérées.

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