L'édition 2016 de la FIAC débutait cette année dans un contexte français morose et incertain, notamment sur la pertinence et la pérennité du modèle des foires. Slick et Officielle ayant annoncé leur annulation, nous attendions beaucoup de la Foire Internationale d'Art Contemporain, rendez-vous incontournable des collectionneurs avertis mais également des jeunes amateurs d'art, cette année programmée à la même date que la nouvelle et ambitieuse TEFAF New York.

L'entrée magistrale du Grand Palais, FIAC 2016 Image: Barnebys L'entrée magistrale du Grand Palais, FIAC 2016
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A l'ouverture du vernissage, l'impatience de la découverte se faisait déjà sentir de la part des VIP du monde de l'art contemporain, qui attendaient l'évènement de pied ferme. À l'entrée, le Grand Palais, un des écrins les plus prestigieux de Paris, habité par les oeuvres de 189 galeries, nous en met toujours plein la vue.

De stand en stand, les toiles se succèdent, les grands noms aussi. Il semblerait que les superstars de l'art contemporain ne soient pas uniquement le mot d'ordre de Frieze mais figurent également parmi les privilégiés de la FIAC. A-t-on transporté les tentes éphémères d'Hyde Park dans cette Nef pourtant symbole d'une prouesse architecturale? Pas tout à fait, les oeuvres présentées à Paris sont volontairement plus classiques et affichent une tendance très nette vers un retour à la peinture.

Journée d'ouverture de la FIAC 2016 au Grand Palais Image: Barnebys Journée d'ouverture de la FIAC 2016 au Grand Palais
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Il est difficile de se frayer un chemin dans la foule du rez-de-chaussée venue admirer le meilleur de l'art contemporain, mais nous arrivons cependant à trouver la galerie Natalie Seroussi. Elle nous présente alors son accrochage dédié aux femmes et intitulé La femme visible en hommage à un dessin du même nom de Salvador Dalí. Natalie Seroussi prend ici le parti de présenter un stand thématique présentant une femme multi-facettes représentée en peinture, sculpture ou dessin pour ses valeurs politiques, culturelles, féminines ou féministes.

Tout près, sur les marches du Grand Palais et positionné sur un piédestal, Antoine Rauis, directeur du Collection'Heure et spécialiste des montres de collection nous explique qu'il est ravi de participer à la FIAC. Car non, la FIAC ça n'est pas uniquement de l'art contemporain, mais aussi des montres de collection. Sur ce genre d'évènements, le Collection'Heure attache particulièrement d'importance aux montres exposées: "Sur la FIAC nous présentons essentiellement des montres de collection d'exception, des pièces introuvables." L'année dernière, ce spécialiste de l'horlogerie avait déniché une Patek Philippe Calendrier Perpétuel phase de lune (mouvement automatique) ayant appartenue à Andy Warhol.

Brexit ou pas, l'humour est de mise sur cette 43e édition de la FIAC, comme avec ce détournement du logo Mc Donalds en lyre par le belge François Curlet, représenté par la galerie Air de Paris.

L'oeuvre de François Curlet représenté par Air de Paris Image: Barnebys L'oeuvre de François Curlet représenté par Air de Paris
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Un autre détournement d'une grande marque attire la foule: celui de La Vache qui rit par le grand groupe français Bel. Depuis 2014, Lab'Bel -le Laboratoire Artistique du Groupe Bel- a lancé une série de collaborations avec des artistes contemporains pour la réalisation de boîtes collectors. Ces boîtes, vendues à 5 000 exemplaires pour le prix de cinq euros pièce, peuvent être consommées normalement ou conservées comme objets de collection.

Cette année, c'est à l'artiste britannique Jonathan Monk que Lab'Bel a confié la création de la boîte collector de 24 portions, sorte d'art contemporain à partager. Nous nous en offrons une et nous pavanons de pouvoir rapporter chez nous un bout d'une oeuvre d'art de la FIAC.

Jonathan Monk et La Vache qui rit Image: Barnebys Jonathan Monk et La Vache qui rit
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Les oeuvres pleines de malice de Laure Prouvost, largement partagées sur les réseaux sociaux sont elles, présentées par la galerie Nathalie Obadia qui nous confie avoir vendu l'une d'entre elles dès le vernissage.

Deux oeuvres de Laure Prouvost présentées sur le stand de Nathalie Obadia Image: Barnebys Deux oeuvres de Laure Prouvost présentées sur le stand de Nathalie Obadia
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La galerie présente également une oeuvre vidéo de l'artiste, médium se faisant rare pour cette FIAC 2016 mais qui attire cependant la foule dans le stand de la Galerie Vallois qui présente une installation originale de l'artiste japonais Taro Izumi.

Non, les oeuvres numériques ne sont pas faciles à vendre mais oui, elles attirent et intriguent les visiteurs du 21ème siècle.

Dans cette installation vidéo, Taro Izumi reproduit la position d'un footballeur à l'aide de matériaux de récupération Image: Barnebys Dans cette installation vidéo, Taro Izumi reproduit la position d'un footballeur à l'aide de matériaux de récupération
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Notons le bel effort de la FIAC d'offrir à son public une dimension pédagogique avec l'espace Orient Express qui présente six objets d'inspiration nomade présentés comme des œuvres d'art. Imaginé dans l'esprit du célèbre train, ce petit parcours rend hommage à l'art de voyager et au savoir-faire des artisans imaginant des objets toujours plus imaginatifs et luxueux.

Secrétaire escamotable en laque par Domeau & Pérès, nécessaire d'écriture, lanternes bambou ou encore service à café en faïence nous plongent dans l'ambiance du luxe et de l'artisanat d'exception. Un espace qui devrait plaire aux collectionneurs et autres visiteurs fortunés.

Un secrétaire en laque bleu nuit d'Orient Express Image: Barnebys Un secrétaire en laque bleu nuit d'Orient Express
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Les deux foires satellites de la FIAC, Art Elysées/Design Elysées et 8e Avenue, offraient cette semaine une sélection artistique très variée , autour de courants artistiques très différents et d'une gamme de prix plutôt large.

Cependant, une omniprésence de la peinture est à souligner et vient faire écho au support préféré des galeries exposant à la FIAC. Les collectionneurs souhaitant repartir une toile sous le bras ont donc été servis! En revanche, pour les amateurs d'installations et d'oeuvres interactives il faudra revenir...

L'entrée d'Art Élysées sur les Champs Élysées Image: Barnebys L'entrée d'Art Élysées sur les Champs Élysées
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La peinture, la photographie, la sculpture, le dessin... ces techniques traditionnelles sont toutes représentées sur les différents stands de la Galerie Baudoin Lebon (pésente à Art Elysées et 8ème Avenue cette année!) qui a misé cette année sur plusieurs Solo Shows (Peter Knapp, Tanc). La stratégie du "White Cube" mise de côté, la galerie nous explique qu'il est "important de ne pas transférer la galerie au sein de la foire mais plutôt de présenter une sélection innovante par le biais d'une scénographie réfléchie qui permet de toucher de nouveaux collectionneurs". Prise de risques que nous imaginons coûteuse, mais qui fait son effet. On s'attarde alors sur les stands de la galerie et on s'imprègne d'un univers.

Les retours commerciaux, très attendus, sont pour certains au rendez-vous, quand beaucoup d'autres nous confient que le climat actuel ne permet pas aux galeries de retrouver l'âge d'or du marché de l'art. La FIAC reste pour autant indispensable à la visibilité des galeries d'art contemporain tentant d'atteindre de nouveaux collectionneurs et un gage certain de reconnaissance internationale. Il serait cependant question de ne pas oublier que la surprise et l'émerveillement restent la clé d'un coup de coeur artistique...

Par Claudia Goletto

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