Isabelle Keit-Parinaud a pris la direction de tous les salons du groupe Orexpo -dont font partie Art Élysées et depuis cette année 8e avenue - en 2008. Barnebys a voulu en savoir un peu plus sur l'organisation de tels évènements artistiques.

Isabelle Keit-Parinaud Isabelle Keit-Parinaud

Barnebys: Comment, quand et pourquoi est né le salon Art Elysées ?

Isabelle Keit-Parinaud: Art Elysées a été lancé en 2007, nous organisons donc cette année la 9e édition. Ce salon est une idée commune de Joël Garcia et Baudoin Lebon. La rencontre de Baudoin Lebon avec Joël Garcia a été décisive et c'est ainsi qu'ils ont rapidement eu l'idée d'une foire qui prendrait place pendant la FIAC. Les Champs-Elysées leur ont semblé un lieu judicieux pour permettre aux collectionneurs de retrouver les galeries qu'ils suivaient depuis des années.

Bbys: Qu'est ce qui différencie Art Elysées des autres foires qui prennent place pendant cette semaine d'art à Paris?

IKP: Art Elysées est une foire qui a une identité très claire, elle est positionnée sur l'art moderne, tandis que la plupart des autres salons se situent sur l'art contemporain et émergeant. Nous présentons des artistes que l'on peut qualifier de « valeur sûre ». Nous offrons au public une lecture claire et lisible de l'art que nous présentons. Un collectionneur sait ce qu'il va trouver lorsqu'il vient à Art Elysées.

Bbys: Vous avez également ces deux sections « Art » et « Design » qui sont bien spécifiques à Art Elysées.

IKP: Avec ces deux sections nous nous adressons à un panel de collectionneurs très large. Pour 2016, nous avons pour projet d'élargir au contemporain notre section « Design » pour le moment axé sur le 20e siècle. Nous avons déjà commencé un peu cette année avec la Galerie Messine qui représente l'artiste Yves de La Tour d'Auvergne et son mobilier-sculpture.

Bbys: Pourquoi avoir choisi de s'intéresser pour cette édition à la lumière dans l'art ?

IKP: Nous avons souhaité nous inscrire dans le cadre de 2015 « Année de la lumière ». Nous sommes depuis toujours très attachés à l'art-lumière et nous avons voulu lui dédier l'exposition – qui a lieu chaque année sur un thème différent- offerte par le salon. Cela donne une vraie dimension culturelle à la foire. Trois artistes ont eu cette année le champ libre : Yves Charnay (dans l'entrée principale), Pierre-Marie Lejeune et Eric Michel. Les galeries sont invitées à suivre ce fil rouge.

Bbys: Comment et pourquoi est né le salon 8e Avenue ?

IKP: Ca ne vient ni d'un désir de se démarquer ni de proposer quelque chose en plus. On a vraiment répondu à une demande des galeries, mais aussi et surtout des collectionneurs qui trouvaient dommage que ce courant ne soit pas représenté pendant cette grande semaine d'art contemporain en France. L'art urbain a une place majeure dans l'art aujourd'hui et on se devait de le montrer au public. On s'est lancés en très peu de temps, on s'est beaucoup renseignés en s'entourant de Franck Le Feuvre comme commissaire artistique pour la partie art urbain et Eric Landau de la Galerie W pour la partie art contemporain.

Bbys: Comment ont réagi les galeries à cette nouvelle foire ?

IKP: Nos galeries ont eu un peu peur que cela « entâche » la qualité d'Art Elysées. Mais elles se sont vite rendues compte que les deux foires fonctionnaient très bien ensemble. De nouveaux visiteurs se sont déplacés pour 8e Avenue, ce sont aussi des potentiels nouveaux clients pour Art Elysées. Pour les galeries d'art urbain, elles ont tout de suite été très enthousiastes, elles attendaient un salon comme celui-ci.

Bbys: Quels rapports personnels entretenez-vous avec l'art ?

IKP: Des rapports très intimes. Je suis collectionneuse, mon mari est marchand d'art, mon père est artiste peintre. Je vis au milieu d'œuvres d'art depuis que je suis bébé, ce qui m'a même valu un rejet total de l'art au moment de l'adolescence ! L'art m'a finalement vite rattrapée.

Bbys: Votre artiste coup de cœur pour 8e Avenue et Art Elysées 2015 ?

IKP: Pour 8e Avenue, c'est Rammellzee. Pour Art Elysées, j'aime beaucoup le travail d'Yves Charnay sur la lumière.

Bbys: Avez-vous déjà acheté une œuvre d'art en ligne ?

IKP: Par encore, mais j'ai regardé. Je suis très traditionnelle dans l'acte d'achat. J'ai besoin d'un rapport sensoriel avec l'œuvre. Mais ca ne m'effraie pas car c'est plus un complément qu'un substitut. C'est une manière efficace de trouver une œuvre. C'est un media qui aide à l'acte d'achat.

Bbys: Que pensez-vous du concept de Barnebys de réunir tous les objets en un seul endroit ?

IKP: Je trouve ça très intéressant. C'est bien différent d'un site commercial, c'est une plateforme très riche qui est créatrice d'échanges. Et c'est ça qui est intéressant.

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