Yves Bouvier, le 9 juin 2014, à Genève Photo: Arnaud Dumontier Yves Bouvier, le 9 juin 2014, à Genève
Photo: Arnaud Dumontier

Le transporteur d'art suisse Yves Bouvier a été mis en examen à Paris ce lundi 14 septembre par la juge Isabelle Rich-Flament.

Le directeur de l'entreprise de stockage d'œuvres d'art Natural Le Coultre est soupçonné de recel par Catherine Hutin-Blay, la fille de Jacqueline Roque, dernière épouse de Pablo Picasso. Cette dernière accuse l'homme d'affaires suisse d'avoir volé puis vendu deux tableaux du maître.

Jacqueline Roque, la dernière femme de Picasso Jacqueline Roque, la dernière femme de Picasso

Les deux toiles, Tête de femme et Espagnole à l'éventail, ont été vendues -ainsi que 58 dessins- par Yves Bouvier, qui agissait comme courtier, à une société appartenant à un milliardaire russe, Dmitri Rybolovlev.

"Espagnole à l’éventail" de Pablo Picasso, l’un des deux tableaux vendus. "Espagnole à l’éventail" de Pablo Picasso, l’un des deux tableaux vendus.

Les deux œuvres étaient censées toujours être entreposées dans la collection Hutin-Blay, collection qui avait en partie été déménagée en 2008 à Gennevilliers par un certain Olivier Thomas, courtier en art et proche d'Yves Bouvier.

C'est un restaurateur de tableaux brésilien qui a tiré la sonnette d'alarme. Il y a deux ans, au moment de l'acquisition des tableaux par le russe Rybolovlev, il était intervenu pour restaurer deux toiles de Picasso.

Un de dessins de Pablo Picasso provenant de la collection privée de la belle-fille du peintre  © REUTERS/Ilya Naymushin. Un de dessins de Pablo Picasso provenant de la collection privée de la petite-fille du peintre
© REUTERS/Ilya Naymushin.

Yves Bouvier se défend en expliquant avoir acquis les œuvres 10 millions d'euros, de bonne foi via et via sa société Natural Le Coultre, lors d'un trust au Liechtenstein. Ce n'est qu'ensuite qu'il aurait confié les gouaches à un restaurateur de tableaux, qui les aurait collées sur une toile dans un but de "préservation des œuvres et non de dissimulation".

Placé sous contrôle judiciaire à l'issue d'une heure et demie d'audition, Yves Bouvier s'est vu imposer une caution de 27 millions d'euros, correspondant à la somme déboursée par la société de Dmitri Rybolovlev, pour acquérir ces œuvres.

Le Russe, qui s'estime escroqué, s'est porté partie civile dans l'affaire des Picasso, et a également porté plainte contre Yves Bouvier dans une autre affaire où il l'accuse cette fois d'avoir perçu des commissions de 2% sur les deux milliards d'euros rapportés par la vente de 37 œuvres d'art de sa collection.

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