Cette exposition est à ne pas manquer: c'est le premier solo show de Kentridge à Londres depuis 15 ans!

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L'exposition comprend deux installations vidéo multi-écrans, de grandes peintures à base d'encre sur papier, des dessins et quelques sculptures.

Les œuvres sur papier réparties sur deux murs de l'espace principal transmettent un message fort au spectateur, notamment les moineaux qui volent dans un ciel composé de calligraphie chinoise. Ces derniers sont des rappels de l'épisode malheureux de la Campagne des quatre nuisibles imposée par Mao lors du Grand Bond en avant de 1858 à 1862. Cette campagne d'hygiène consistait à éliminer les rats, les mouches, les moustiques et les moineaux friquets. Un tel déséquilibre écologique pourrait expliquer la Grande Famine chinoise dans laquelle plus de 30 millions de personnes seraient mortes de faim.

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Ici, Kentridge fait un parallèle entre la  "révolution culturelle" chinoise qui incita les jeunes à prendre le pouvoir, à se révolter contre les fonctionnaires corrompus et la période de la Commune de Paris (1871) pendant laquelle un éphémère gouvernement insurrectionnel a gouverné la ville de Paris.

Il se questionne aussi sur Edouard Manet qu'il admire et qui, après s'être engagé à peindre L'Exécution de Maximilien, a terminé sa vie artistique en peignant des natures mortes de fleurs.

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Dans une salle adjacente sont présentés deux groupes de têtes peintes en bronze. Ce qui a commencé comme une étude sur la façon dont peu de matériau est nécessaire pour reconnaître une tête devient un bricolage adroit de Kentridge à base de pin, de fragments de cartes chinoises, de carton ondulé et de bronze peint. En plus de faire référence à la pratique de la peinture sur des sculptures dans l'Antiquité classique, chaque tête de bronze trahit l'amour de Kentridge pour le trompe l'oeil.

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La galerie supérieure est dédiée à More Sweetly Play the Dance, un film présentant une danse macabre sur fond musical. Au-delà de la notion médiévale de la danse comme un moyen de conjurer la mort, ce cortège est comme un hommage à ceux qui ont été privés d'une vie pleinement réalisée.

"Ma préoccupation a été en lien avec la solitude existentielle du marcheur, mais aussi celle de la solitude sociale - avec ces gens qui marchent en file indienne d'un pays à l'autre, d'une vie à un avenir inconnu." a expliqué William Kentridge.

La plupart des marcheurs sont filmés brandissant des silhouettes transcrites à partir de dessins agrandis de Kentridge.

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Les silhouettes du film sont exposées dans une pièce adjacente. Après avoir vu ces visages dans le film, l'effet est prenant de pouvoir les admirer de visu.

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Si vous ne connaissez pas William Kentridge, foncez voir son exposition! Cet artiste touche-à-tout vous séduira sûrement par l'une de ses oeuvres pleines de sens et de messages.

William Kentridge, More Sweetly Play the Dance, Galerie Marian Goodman. Jusqu'au 24 octobre 2015. 

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