Didactique et non exhaustive, l'exposition te balance du lourd : les pionniers, les jeunots, le style vestimentaire, les MC, les Djs, le breakdance et tout le reste. Ca fleure bon la casquette à l'envers et les baskets. Alors si tu ne vois le hip hop qu'avec des samples de pop, l'IMA te stoppe à base de popopopop. Qu'est ce que t'attends pour rentrer dans la danse ?

Affiche designed in Marseille by aKa © "Aisha" par Noe Two Affiche designed in Marseille by aKa
© "Aisha" par Noe Two

Le hip-hop, et son pote le rap, ça vient d'où ? Souvent considéré comme une sous culture, il puise son flow dans le jazz, la funk, la soul, mais surtout dans la rue. Né dans les hangars moites plus que dans les boites de nuit, le Hip Hop c'est avant tout un art de la street. Au milieu des années 1970, à New York, Afrika Bambaata se fait connaitre dans les blocks parties, qui rassemblent la jeunesse afro américaine du Bronx. Pourquoi ? Il invente un nouveau style de musique, le djing, l'art de se retrouver seul devant les platines, et de sampler, couper, accélérer, déformer, faire crier et pleurer les vieux vinyles de tes parents. Le hip hop était né.

Tina Weymouth and Grandmaster Flash, NYC, 1981. © Laura Levine Image via offi.fr Tina Weymouth and Grandmaster Flash, NYC, 1981.
© Laura Levine
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A nouvelle musique, nouvelle danse. Un peu partout des mecs se mettent à tourner sur la tête, avec une maitrise du geste parfaite : les breakdancers. Recherchant dans ce nouveau style urbain leurs racines africaines, les jeunes se parent de tissus colorés et bijoux exubérants. C'est aussi l'apogée du sportwear : blouson, basket, jean trop large sweat à capuche et graffiti. Le street art est en plein essor. La révolution est totale. Le hip-hop a trouvé sa voix et son esthétique.

Yoshi Omori
, Sans Titre
, Galerie Lano. © DR Image via offi.fr Yoshi Omori
, Sans Titre
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Les rappeurs, MC et djs s'emparent des mikes. Aux Etats Unis d'abord, puis en France au milieu des années 1980 avec Dee Nasty. Le début des années 1990 est prolixe : NTM à Paris, IAM et la Fonky Family à Marseille et quantité de gamins qui ont de l'or au bout des doigts et font trembler leurs quartiers. L'exposition regorge de photos d'archive de ces enfants terribles de la musique et les hauts parleurs crachent leurs plus grands titres. Dans n'importe quelle langue, dans n'importe quel pays, le hip hop fédère plus qu'il ne divise, rassemble plus qu'il ne stigmatise.

Jean-Pierre MAÉRO, B-Vice, La Savine, 
Années 80, 
Photographie noir & blanc. 
© jean-pierre maéro Jean-Pierre Maéro, B-Vice, La Savine, 
Années 80, 
Photographie noir & blanc.

© Jean-Pierre Maéro
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Il s'engage, dénonce, crie, hurle, fait saigner tes oreilles et vibrer ton corps à coups de rythmes enflammés et de flow acérés. Woop woop, assassin de la police... Il est bagarreur, pas très sage, pas présentable, mais il sait aussi lâcher la bride et te fait danser, rire, oublier le ghetto et ses galères. Va tej' ton gun, ce soir c'est fun.

Sors tes bombes de peinture et ta plus belle paire de Nike, ramène tes lascars, laisse tes préjugés chez toi, et vient avec nous à la découverte d'une culture multi facettes, engagée et vraie, qui colle à tes pompes comme le bitume un jour de canicule. La capitale bouge la tête. Ambiance !

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Un avant-goût avec le teaser de l'exposition:

Hip Hop, du Bronx aux rues arabes - Institut du Monde Arabe

Jusqu'au 26 juillet 2015, du mardi au vendredi de 10h à 18h, nocturne le vendredi jusqu'à 21h30. Samedi, dimanche et jours fériés (sauf le 1er mai) de 10h à 19h

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