Les bustes représentent Iphigénie et Chrysès, deux figures de la mythologie grecque. Les bronzes à patine brune sont fixés sur des socles de marbre rouge, ornés de bronze doré.

Iphigénie est la fille d'Agamemnon et Chrysès est un prêtre d'Apollon. Dans la mythologie grecque, Iphigénie et son frère Oreste, poursuivis par Thoas, roi de Tauride, se réfugièrent chez le vieux Chrysès, dont la fille eut un enfant avec Agamemnon pendant la guerre de Troie.

Mais le choix de Boizot reste un mystère. S'il y a bien un opéra, Iphigénie en Aulide, écrit en 1774 par le célèbre autrichien Christoph Willibald Gluck, qui put inspirer le sculpteur pour la figure d'Iphigénie, il faut cependant attendre l'opéra écrit en 1779 par ce même Gluck, Iphigénie en Tauride, pour voir Iphigénie et Chrysès réunis. Les bustes datant probablement de 1775, une source d'inspiration plausible serait plutôt deux bustes très proches de ceux de Boizot, réalisés entre 1737 et 1740 par Michel-Ange Slodtz, qui fut le maître de Boizot.

Ou alors, l'association des deux figures est simplement une liberté prise par le sculpteur, qui voulut se détacher d'une interprétation littérale des textes antiques.

ic2 Louis-Simon Boizot, Iphigénie et Chrysès

Fils du peintre Antoine Boizot, Louis-Simon Boizot est né le 9 octobre 1743, à Paris, et est mort dans la même ville en 1809. D'abord formé par Jean-Baptiste Pigalle, il fut ensuite l'élève du célèbre sculpteur Michel-Ange Slodtz. En 1762, il emporte à seulement 19 ans le prix de Rome, grâce à son sujet sur La Mort de Germanicus. 

Ce prix lui permit d'intégrer l’École royale des élèves protégés. Crée sous Louis XV, cette école permettait aux heureux élus de toucher une bourse royale, de suivre trois années d'études d'excellence et, surtout, de partir à Rome, à l'Académie de France. Voyage que Boizot réalisa effectivement. Il restera même cinq ans au palais Mancini (l'Académie de France à Rome ne fut transférée à la villa Médicis que sous Napoléon, en 1803).

À son retour, Boizot exposa sa statue en pied de Louis XV pour la ville de Brest. Il fut exposé au Salon dès 1773 et fut agrégé à l'Académie la même année. En 1774, il est nommé directeur de l'atelier de sculpture à la manufacture de Sèvres. C'est là bas qu'il créa, jusqu'en 1785, de nombreux biscuits en porcelaine dure dont le fini mat offrait une ressemblance certaine avec le marbre.

Un de ces biscuits modelé par Boizot est en vente chez Koller. Le groupe représente La Toilette de Vénus. D'autres biscuits de Boizot consacrés à la déesse, et non des moindres, existent: Vénus couronnant la Beauté est conservé au Louvre et son pendant, réalisé trois ans plus tard, Le Triomphe de la Beauté, est conservé à la Cité de la Céramique (Sèvres).

Louis-Simon Boizot, La Toilette de Vénus Louis-Simon Boizot, La Toilette de Vénus

Seulement agrégé à l'Académie en 1773, Boizot ne devint académicien qu'en 1778, pour sa statue de Méléagre, aujourd'hui exposée au Louvre. Outre les nombreux bustes qu'on lui doit (Louis XVI, Marie Antoinette, Racine...), Boizot est célèbre pour les vingt-cinq panneaux qu'il réalisa pour la colonne Vendôme et pour ses réalisations dans l'église Saint Sulpice. Parmi ces dernières figurent notamment un bas relief, le Baptême du Christ et des statues des quatre évangélistes.

Louis-Simon Boizot, Méléagre (1778) - Musée du Louvre Louis-Simon Boizot, Méléagre (1778) - Musée du Louvre

Mais est considérée comme son chef d'œuvre La Victoire qui couronna la Fontaine du Palmier, érigée en 1808 au retour d'Egypte de Napoléon. Aujourd'hui, une copie surmonte la fontaine de la Place du Châtelet et la sculpture originale se trouve dans la cour de la Victoire du musée Carnavalet.

La Place du Chatelêt et, à droite, la Victoire de Boizot conservé au musée Carnavalet La Place du Châtelet et, à droite, La Victoire de Boizot conservée au musée Carnavalet

Le biscuit et les bustes issus de la collection privée de Karl Lagerfeld feront partie de la vente Koller qui se déroulera du 18 au 22 septembre prochain. Retrouvez toutes les pièces proposées par la maison Koller ici.

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