Parmi les plus anciennes toiles mises en vente figureront deux compositions d’inspiration biblique, une attribuée au peintre autrichien Hans Bocksberger et une du peintre hollandais Gillis Claesz. de Hondecoeter.

Peintre mais aussi graveur sur bois, Hans Bocksberger était un artiste de l'entourage de Jost Amman (probablement un des plus éminents graveurs du XVIème, après Dürer, Amman maîtrisait toutes les techniques de gravures et écrivit plusieurs traités à ce sujet). L’attribution à Bocksberger de la toile présentée ici tient à l’existence de quatre autres toiles traitant du même sujet et de factures similaires, réalisées par Hans Bocksberger lui-même ou par son élève et cousin, Johann Melchior Bocksberger. On retrouve par exemple une Création du monde au musée des Beaux-Arts de Strasbourg.

Né à Anvers entre 1575 et 1580 (époque à laquelle Anvers appartenait aux Pays-Bas espagnols), Gillis Claesz. de Hondecoeter avait son atelier à Utrecht. Peintre typiquement flamand dans ses premiers travaux, il adopta un style hollandais plus réaliste en fin de carrière (il mourut en 1638 à Amsterdam). Il se plaisait à peindre des bestiaires fabuleux, parmi lesquels se glissent souvent des références bibliques.

Ici, plus qu’une simple référence, c’est une scène tirée de l’Ancien Testament qui nous est offerte: le ciel s’assombrit, le déluge semble approcher et les animaux s’apprêtent à embarquer dans l’arche de Noé.

Quittons l’univers biblique, mais restons dans le genre du paysage. De nombreux seront en effet proposés. Notamment un Paysage avec un pont et une cascade, attribué au flamand Tobias Verhaecht. Ce dernier, qui eut parmi ses élèves le jeune Pierre Paul Rubens, se consacra essentiellement à la peinture de paysage. En digne héritier de Pieter Brueghel l'Ancien, il est aussi célèbre pour ses quelques toiles représentant la tour de Babel.

Un autre paysage faisant indéniablement partie des chefs-d’œuvre immanquables de la vente est celui de Gillis Neyts. Installé à Anvers, puis à Namur, il fut le paysagiste de la vallée mosane. Parfois fantaisiste, il aimait glisser dans ses paysages des édifices en ruine ou une forteresse juchée en haut d'une colline… Dans la toile présentée ici, on retrouve effectivement une tour partiellement délabrée au premier plan, qui s’efface dans l’ombre pour laisser apparaître un moulin, et, au loin, un château.

Mais comment parler de peinture flamande du XVIIème sans penser aux natures mortes qui participèrent à construire sa renommée internationale ? Ce genre, qui s’est développé à la toute fin du XVIème et au début du XVIIème dans les Écoles du Nord (Flandre, Hollande, Allemagne), s’est peu à peu propagé partout en Europe. Le siècle d’or hollandais consacrera le genre et l’introduira définitivement dans la grande peinture, bien qu’il fallût plusieurs décennies avant qu’un nom communément admis ne s’impose. En France par exemple, il faudra  attendre le succès de Chardin pour que l’expression nature morte soit adoptée, en 1756.

Entre autres, trois natures mortes flamandes, peut-être légèrement moins austères que les natures mortes hollandaises, seront mises en ventes : une de Jacob van Es, une d'après Frans Snyders et une d'Alexander Adriaenssen. Ces trois contemporains anversois connurent le succès de leurs vivants et côtoyèrent les plus grands. Rubens acheta pour sa collection au moins deux toiles de Van Es (l’inventaire réalisé à la mort de Rubens en attesta).

Van Dyck, Peter Snayers et Rubens étaient des admirateurs et amis d’Adriaenssen. Le premier se fit son portraitiste (le portrait fut ensuite gravé par Van der Does), le second fut le parrain d’un des enfants d’Adriaenssen et la première épouse du troisième, Isabella Brandt, fut la marraine d’un autre de ses six enfants.

Quand à Snyders, il fut l’élève de Peter Brueghel le Jeune puis de Hendrick van Balen (premier maître de Van Dyck). Ensuite, il travailla dans l’immense atelier de Rubens (mais ne fut pas son élève). Il collabora d’ailleurs avec ce dernier pour certaines toiles comme Philopœmène reconnu par ses hôtes (Prado, Madrid). Il collabora également avec Jacob Jordaens ou encore Van Dyck, qui nous a laissé un Double portrait de Frans Snyders et de son épouse (musée de Cassel, Allemagne).

Bien-sûr, après la nature morte, l’impasse ne pouvait être faite sur le portrait, genre dont la maîtrise par les Écoles du Nord força également l’admiration de toute l’Europe.

Un des portraits exceptionnels mis en vente est celui d’une noble génoise, peint par Jan Roos. Né en 1591 à Anvers, Jan Roos fut l’élève de Snyders, dont nous avons parlé plus haut. Après un voyage à Gênes, puis à Rome, en 1614, Jan Roos décida de s’installer définitivement à Gênes, à partir de 1616. Il y mourut en 1638, non sans avoir durablement influencé la peinture génoise de l’époque.

Enfin, évoquons tout de même les marines, genre qui lui aussi sera bien représenté lors de la vente. Deux de Bonaventura Peeters seront proposées, ainsi que, entre autres, une de Cornelis Mahu.

Sur les cent quatre-vingt-six lots de la vente, tous ne sont pas du XVIème ou XVIIème siècle. Quelques toiles du XVIIIème, beaucoup du XIXème, notamment des paysages, voire même quelques-unes du début XXème seront également dispersées. Retrouvez les pièces proposées par la maison Lempertz, celles de cette vente, mais aussi toutes les autres, ici.

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