Masque Chokwe ou Luena, image ©Catawiki Masque Chokwe ou Luena, image ©Catawiki

Les masques caractérisent un état de culture, ils incarnent les croyances, les traditions et les rituels d’une société. Ce sont des objets complexes qui ont incarné la beauté, la force, mais aussi l’effroi, qui ont symbolisé les dieux, et qui ont couvert de nombreuses fonctions. Tandis que certains masques octroient à leur propriétaire un titre hiérarchique, comme les masques Bugaku du Japon, d’autres sont consacrés à des pratiques et rituels, en témoignent les masques d’initiation du Péloponnèse.

Masque de danse Mapico, Tanzanie, destiné au rites d'initiation des jeunes garçons, image Catawiki Masque de danse Mapico, Tanzanie, destiné au rites d'initiation des jeunes garçons, image Catawiki

Le continent africain, particulièrement célèbre pour la profusion et la richesse de son art, perpétue la sculpture et le port du masque, et fait preuve d’une étonnante diversité dans le processus de création, tant en matière de styles, de formes, que de matériaux utilisés. Cette pratique artistique, inhérente aux sociétés et aux tribus d’Afrique Noire, est aussi majoritairement rurale et se retrouve très peu dans les villes.

Les masques sont, à tort, souvent stéréotypés et font l’objet d’une généralisation de la part des sociétés qui y sont aujourd’hui étrangères. La variété des fonctions qu’ils couvrent, cependant, est fascinante, sans parler des symboles qu’ils incarnent.

Petit masque Lunkungu en os, village de Kassa Mutanda, destiné au culte des ancêtres. Petit masque Lunkungu en os, village de Kassa Mutanda, destiné au culte des ancêtres.

Si les matériaux utilisés sont très divers, (avec une nette prépondérance du bois), les formes le sont d’autant plus. On trouve ainsi, parmi les trois tendances principales qui se dégagent de cette profusion, des figures humaines, des formes animales, et même des masques anthropozoomorphes, qui allient les traits humains et bestiaux.

Masque bélier, Côte d'Ivoire. Il est rare de trouver des masques d'animaux domestiques consacrés au range de masque de rituel, image ©Catawiki Masque bélier, Côte d'Ivoire. Il est rare de trouver des masques d'animaux domestiques consacrés au rang de masque de rituel, image ©Catawiki

Les styles traités, quant à eux, se rapprochent tantôt du cubisme (masque des Dogons, Bambara et Bobo), tantôt du naturalisme, où la figure représentée se rapproche davantage du réel. C’est un amalgame d’éléments stylistiques, tirés de l’abstrait, de l’expressionisme, du surréalisme, qui tend, à travers cet objet sacré, à exprimer une idée.

Masque Songye, Congo, inspiration cubiste, image ©Catawiki Masque Songye, Congo, inspiration cubiste, image ©Catawiki

Divinités, esprits, ancêtres, forces de la nature…la symbolique est tout aussi variée, et n’est pas prise à la légère : le masque est ce qu’il incarne. Les masques servant aux rituels de danse par exemple, sont, dans certaines cultures, traités comme des êtres vivants, restaurés, repeints, et portés dans un acte sacré par un danseur qui lui aussi, sera purifié.

Contrairement aux convictions communes, le masque n’est pas toujours porté sur le visage, il peut prendre la forme d’une miniature, d’une « planche », d’un heaume, ou d’un costume complet qui recouvre l’intégralité du corps.

Masque Guro, Côte d'Ivoire, image ©Catawiki Masque Guro, Côte d'Ivoire, image ©Catawiki

Les rites et coutumes nécessitant le port d’un masque, lorsqu’ils ne sont pas religieux ou sacrés, peuvent aussi servir à la classification des membres au sein d’une société. Les masques japonais dits Bugaku par exemple, étaient portés lors de la danse traditionnelle qui servait à sélectionner les élites de la cour impériale. Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la danse, la musique, et les masques Bugaku n’étaient donc connus que de la noblesse, avant de s’ouvrir au public, et même au reste du monde lors d’une tournée organisée en 1959.

Masque Noh représentant Hannya, la démone jalouse à cornes, Japon, image ©Catawiki Masque Noh représentant Hannya, femme démon jalouse à cornes, Japon, image ©Catawiki

Les masques du clan des Hopis, situés dans les Pueblos d’Amérique du Nord, sont utilisés lors de danses rituelles intitulées Katchinas (également exécutées par d’autres peuples voisins), afin de prier les esprits Katchinas et de garantir de bonnes récoltes pour la saison à venir. Ces masques, dont les formes ne sont pas toujours humaines ou animales, représentent des visages inventés qui incarnent des pensées.

Masque Hopi, Pueblos, Nouveau-Mexique, déstiné aux danse Katchinas, image ©Catawiki Masque indien Hopi, Pueblos, Nouveau-Mexique, déstiné aux danses Katchinas, image ©Catawiki

Les masques ont donc été très présents sur tous les continents, même si leur aspect sacré et leurs attributs antiques ont aujourd’hui disparu en Europe et en Asie, et que leur usage y est majoritairement réservé à des manifestations festives, comme le Carnaval de Venise, ou les opéras chinois. Il n’est donc pas étonnant que les masques anciens issus d’Afrique, d’Océanie ou d’Amérique, qui sont encore sacralisés, deviennent des œuvres d’art et des objets de collection très prisés.

Masque ancien Urhobo, Niger, image ©Catawiki

Chaque masque est porteur d’une histoire, d’une culture et d’une religion, il incarne les facettes de l’âme humaine et raconte les mutations d’une société.

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