Photo: Solène Collignon Photo: Solène Collignon

Photo: anishkapoor.com Photo: anishkapoor.com

Le promeneur va alors découvrir au fur et à mesure de ses déambulations des oeuvres aussi massives que perturbantes. Le C-Curve mène à reconsidérer nos silhouettes, l'épaisseur de nos membres, et par là-même la place toute relative que l'on occupe dans ce monde, entourés de tant d'autres.

Photo: Stéphane de Sakutin / AFP Photo: Stéphane de Sakutin / AFP

Un peu plus loin, le Sky Mirror renvoie un reflet fini des cieux, des nuages, englobant la troposphère, enfermant nos envies, éclatant les contours harmonieux du château. Troublante vision d'une demeure déformée, comme prise à son propre jeu, retenue prisonnière par les nombreux miroirs qu'elle abrite.

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Le long des bosquets taillés minutieusement, rien ne laisse présager l'imposante structure cubique Sectional body preparing for monadic singularity. Incongru enchevêtrement de toiles plastifiées roses et rouges, laissant entrevoir un orifice corporel, rougi, irrité, mais aussi une ouverture vers le ciel, lumineuse, incandescente, presque surréelle.

Photo 4 Photo: Solène Collignon

Photo5 Photo: Solène Collignon

Brèche, trou dans lequel l'eau tombe indéfiniment, la Descension nous aspire instantanément dans son gouffre apocalyptique.

Photo: Kapoor Studio And Kamel Mennour / Fabrice Seixas / Adagp 2015 Photo: Kapoor Studio And Kamel Mennour / Fabrice Seixas / Adagp 2015

Le choix des jardins du château de Versailles ne peut être anodin : sous le fragile vernis des allées bien entretenues s'amoncellent toutes les vicissitudes humaines, la Cour du Roi Soleil gavée de dépenses somptuaires finit par s'endormir dans un coma vaporeux. Anish Kapoor interroge les entrailles de Versailles, on y entre par tous les trous, tous les tunnels, et ce qu'on y aperçoit n'est pas toujours beau à voir.

Du haut de son balcon, Louis XIV se retrouve aujourd'hui face au Dirty Corner vandalisé, bafoué, sali de mots antisémites, reflet impitoyable de notre société désaxée. Les perspectives sont brisées, on ne pourrait donc pas introduire l'étrangeté au sein de jardins exemplaires ? L'Art, par son irrévérence, s'efforce à nous prouver que c'est encore possible.

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