En 2017, Christie's annonce la mise en vente du Salvator Mundi, un tableau redécouvert et attribué par les experts à Léonard de Vinci. En novembre de la même année, la toile est cédée à un mystérieux acheteur pour la somme vertigineuse de 450 millions de dollars, et devient ainsi l’œuvre la plus chère du monde.

Mandatory Credit: Photo by Geoff Pugh/REX/Shutterstock (9175649k) Leonardo da Vinci's Salvator Mundi on show at Christies' Kings Street, before it is offered at auction by Christie's New York Christie's Auction House sales Leonardo da Vinci's Salvator Mundi, London, United Kingdom - 24 Oct 2017/Rex_Christies_Auction_House_sales_Leonardo_da_9175649K/1710311259

Après une courte période d'incertitude, l'identité de l'acheteur est enfin révélée : il s'agit de Mohammed Bin Salman, l’héritier au trône d'Arabie Saoudite. Et si le Louvre de Paris possède déjà le de Vinci le plus célèbre au monde (La Joconde), l’heureux propriétaire du Salvator Mundi annonce que sa récente expansion à Abou Dhabi exposera le nouveau chef-d’œuvre à partir du 18 septembre 2018. La présence du tableau aux Émirats arabes unis vise à augmenter le tourisme dans la région, et à long-terme, l’achat des billets d’entrée au musée pourrait rembourser le prix du tableau.

Cependant, moins de deux semaines avant la grande ouverture du nouvel espace muséal, le ministère de la Culture et du Tourisme d'Abou Dhabi a annoncé sur Twitter que l’exposition du chef-d'œuvre serait reportée à une date ultérieure. Aucun porte-parole n’a pris la peine d’expliquer les raisons de ce retard et depuis lors, le public et le marché de l’art restent sans nouvelles du tableau.

Au cours des derniers mois, plusieurs experts ont exprimé leurs doutes sur l’authenticité du tableau, tandis que d’autres ont carrément affirmé qu’il était impossible (et même ridicule) de penser que de Vinci en soit l’auteur. D’autres encore stipulent que l’œuvre provient de son atelier, qu’elle aurait été peinte par l’un de ses étudiants, et que le maître n’y aurait apposé que quelques coups de pinceau. Voici donc une première piste sur le mystérieux retard : suite à ces spéculations, il se pourrait que le Louvre d'Abou Dhabi enquête davantage sur la véritable provenance de l'œuvre avant de l'exposer au public.

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Leonard De Vinci (1452-1519), Salvator Mundi, circa  1500, huile sur panneau Leonard De Vinci (1452-1519), Salvator Mundi, circa 1500, huile sur panneau

Les critiques se sont également penchés sur les conditions de conservation du tableau. Jusqu'à la vente aux enchères de novembre 2017, le Salvator Mundi était placé dans une boîte en verre micro-climatisée visant à le protéger de toute détérioration supplémentaire. Toutefois, lors de la vacation, l’écrin protecteur avait été retiré, et certains experts craignent que la raison de cette absence prolongée au sein du musée soit réellement liée à un problème de préservation.

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Qu’en est-il vraiment ? Peut-être l’institution s’exprimera-t-elle prochainement…

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