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Rare et exceptionnel diptyque de la Passion en ivoire
Vendu

À propos de l'objet

France, Paris, vers 1360-1380, Rare et exceptionnel diptyque de la Passion en ivoire\nUne étiquette 139 en bas du volet droit, et une étiquette au dos avec le numéro 367\nHaut. 24,75 cm, larg. (ouvert) 31,4 cm, larg. (volet) 15, 5 cm, épaisseur (volet) 1, 2 cm\nHeight 9 11/16 in, width (open) 12 3/8 in, width (each leaf) 6 1/16 in, depth (leaf) ½in
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notes

Le diptyque de la collection Dormeuil est l'un des plus grands diptyques de la Passion répertoriés à ce jour. Il fait partie d'un groupe de diptyques réalisés à Paris dans la deuxième moitié du XIVe siècle et attribués en 1924 par R. Koechlin au "Maître des Grands diptyques de la Passion", renommé ensuite en 2002 par D. Gaborit-Chopin "Atelier des diptyques de la Passion". Outre leurs dimensions importantes et leur qualité d'exécution exceptionnelle, ces grands diptyques de la passion se distinguent par un style narratif très dense, des scènes serrées mais pleines de vivacité, soumises à une composition très structurée.

Très proche de celui de Berlin quant à l'iconographie, notre diptyque, avec une largeur de 31,4 cm lorsqu'il est ouvert, est environ de six centimètres plus large (Darmstadt, 2000). Les deux volets du diptyque sont divisés en trois registres, la lecture du récit se fait sur les deux volets de haut en bas, en commençant en haut à gauche par la Résurrection de Lazare, suivie par l'Entrée à Jérusalem, le Lavement des pieds, la Dernière Cène, le Christ au mont des Oliviers, l'Arrestation du Christ, le Baiser de Judas, et se termine en bas à droite par la Crucifixion. Les scènes sont placées sous une rangée de six arcatures trilobées ornées de crochets, et surmontées d'une frise de rosaces à six feuilles.

L'ivoire de la collection Dormeuil est particulièrement proche du diptyque du Museum of Art de Toledo (Randall, no. 32). En effet, on retrouve la même frise de rosaces surmontant les arcatures, ainsi que, plus important encore, le nimbe crucifère réservé au Christ dans chaque scène, sauf bien sur, dans celle de la Crucifixion. L'importante largeur de la défense d'ivoire permettait au sculpteur de déployer les scènes et d'aérer la composition afin de sculpter soigneusement chaque détail. Tandis que dans le diptyque de Toledo chaque scène est présentée sous une rangée de cinq arcatures, l'ivoire de la collection Dormeuil offre six arcatures par registre, et la scène du Christ au Mont des Oliviers, à Toledo, montre dix au lieu de douze apôtres. La scène de la Crucifixion du diptyque de la collection Dormeuil, est plus proche de celle de Berlin montrant Longinus agenouillé devant le Crucifié et Stephaton tendant l'éponge. De plus, il représente aussi la Vierge soutenue par les Trois Saintes femmes et les trois Juifs reconnaissables à leurs grands chapeaux, comme sur celui de Toledo.

En se basant sur l'analogie des attitudes des personnages ainsi que sur la particularité du nimbe crucifère, par ailleurs plutôt caractéristique des ivoires allemands, Randall attribue le diptyque du Victoria and Albert Museum (inv. no. 291-1867) au même maître que celui de Toledo. Randall avait, par ailleurs, suggéré un sculpteur d'ivoire d'origine allemande, soit un artiste formé à Paris et travaillant en Allemagne, soit un allemand ayant travaillé dans un atelier parisien. En effet, l'un des soldats de l'Arrestation du Christ tient un bouclier en forme de masque grotesque que l'on retrouve dans le diptyque de la collection Thyssen Bornemisza, considéré par Williamson comme œuvre d'un atelier de Cologne de la deuxième moitié du XIVeme siècle (Williamson,1987, n°26). Williamson étudia par la suite dans "Symbiosis across the Scale" l'influence de la sculpture monumentale en pierre sur les ivoires. Ainsi, comme le souligne Randall, l'iconographie de l'Arrestation du Christ dans les diptyques de la Passion de Toledo et du Victoria and Albert Museum reprend la composition du tympan de La Calande de la Cathédrale de Rouen, daté vers 1300. On y retrouve, en effet, le nimbe crucifère ainsi que le bouclier en forme de masque.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

P. Williamson, The Thyssen-Bornemisza Collection, Medieval Sculpture and Works of Art, Londres 1987, no. 26 et 132.

Meisterwerke aus Elfenbein der Staatliche Museen zu Berlin, cat. exp. Darmstadt, München, 1999-2000, p. 116-118, no. 44.

D. Gaborit-Chopin, Ivoires médiévaux Ve - XVe siècle, Musée du Louvre, Paris, 2003, p. 459 et 468, no. 205.

P. Barnet, Images in Ivory, Precious Objects of the Gothic Age, cat. exp. Detroit Institute of Arts, 1997, no. 31-33.

P.Williamson, "Symbiosis across Scale: Gothic Ivories and Sculpture in Stone and Wood in the thirteenth century", dans P. Barnet op. cit. 1997, p. 39-45.

R. H. Randall, "Passion Diptychs" dans P. Barnet op.cit. 1997, p. 174-179.

FRENCH, PARIS, CIRCA 1360-1380

A FINE AND RARE IVORY PASSION DIPTYCH

The Dormeuil Diptych appears to be the largest Passion Diptych recorded and belongs to a group of large ivory diptychs produced in Paris in the second half of the 14th century. These were attributed by Koechlin in 1924 to the Parisian workshop of the 'Passion Master'  and subsequently in 2003 by Gaborit-Chopin to the the workshop of the Passion diptychs. Other than their large dimensions and the exceptional quality of the carving, these passion diptychs have in common a dense and lively narrative within a very structured composition.

Measuring 31.4cm across, the Dormeuil diptych is nearly 6 cm wider than the Berlin diptych, illustrated in the Darmstadt catalogue, whose narrative it most closely follows. Both leaves of the narrative are carved in three registers and the scenes are read across both leaves from from left to right, top to bottom: the Raising of Lazarus, the Entry to Jerusalem, the Washing of Feet, the Last Supper, Christ in the Garden of Gethsemane, the Arrest of Christ with the Hanging of Judas and the Crucifixion. Each register is carved beneath six trefoil arches surmounted by foliate crockets and surmounted by a frieze of hexafoil rosettes.

The Dormeuil Diptych can be most closely compared with the Passion Diptych in the Toledo Museum of Art, Ohio, illustrated by Randall in the Detroit exhibition catalogue (no. 32). It is carved with the same frieze of hexafoil rosettes and the cruciform halo to identify the figure of Christ in each scene, with the exception of the Crucifixion. The very size of the tusk used, allowed the sculptor to expand the scenes, render them less crowded and enable more attention to detail. In the Toledo diptych each register is carved beneath five rather than six trefoil crocketted arches and the Garden of Gethsemane illustrates ten sleeping apostles rather than the twelve in the Dormeuil diptych. Furthermore in the Crucifixion scene which is closer to the Berlin Passion diptych, Christ is not only flanked by the figures of Stephaton and Longinus, the sponge bearer and the lance bearer, but also by the Virgin supported by the three Holy women and St. John with three Jews wearing their distinctive hats.

Randall also attributes the Passion diptych in the Victoria and Albert Museum (inv. no. 291-1867) to the same master as the Toledo diptych based on the similarity of facial features and to the inclusion of the cruciform halo which is more commonly found on German ivories.  It was suggested by Randall that the Toledo diptych might therefore be by a carver of German origin, either a Paris trained sculptor working in Germany or a German sculptor working in a Paris workshop. Indeed, in the register enclosing the arrest of Christ, the shield held by the guard to the right of Christ is emblazoned with a mask, a feature which is found on a diptych in the Thyssen Bornemisza collection illustrated by Williamson and tentatively attributed to a Cologne workshop of the second half of the fourteenth century. However, Williamson in his essay "Symbiosis across Scale" has highlighted recent scholarship noting how gothic ivory figures and diptychs closely follow prototypes in monumental sculpture. Indeed Randall points out that the iconography of the Arrest of Christ in the Toledo and Victoria and Albert Passion diptychs closely follows that on tympanum of the Portail de La Calende at Rouen Cathedral dating to circa 1300. It is interesting to note that this monumental work is carved with both the cruciform halo and the mask centred shield. 

exhibited

Exposition d'objets d'art du Moyen Age et de la Renaissance, Hôtel de Sagan, Paris, 1913.

dimensions

Haut. 24,75 cm, larg. (ouvert) 31,4 cm, larg. (volet) 15, 5 cm, épaisseur (volet) 1, 2 cm Height 9 11/16 in, width (open) 12 3/8 in, width (each leaf) 6 1/16 in, depth (leaf) ½in

literature

R. Koechlin, Les ivoires gothiques français, Paris, 1968, tome. II, p. 286, no. 789.

W. Bode, Die Sammlung Oscar Hainauer, Berlin, 1897, no. 136.

La Collection Spitzer, Antiquité, Moyen age, Renaissance, Paris, 1890-92, tome. 1, no. 61.

Gazette des Beaux Arts, 1906, tome. I, p. 51.

Les Arts, sept. 1913, no. 141, p. 18.

Album Seymour de Ricci, 1913, reproduit pl. XLIII.

Exposition d'objets d'art du Moyen Age et de la Renaissance organisée par la marquise de Ganay, chez Jacques Séligman, Hôtel de Sagan, cat. exp. Paris, 1913, no. 114.

provenance

Collection Frédéric Spitzer, Paris (1893)

Collection Oscar Hainauer, Berlin (1897)


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