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ENSEMBLE DE BOISERIES DE FUMOIR DITES 'LES PALMIERS', VERS 1930
Vendu

À propos de l'objet

Jean Dunand (1877-1942)\nEnsemble de boiseries de fumoir dites 'Les Palmiers', vers 1930\nEn laque et laque arrachée gris, argent et or, agrémenté de plaques métalliques en application laquées noir à décor gravé de motifs géométriques, formant les quatre murs d'un fumoir rectangulaire, chaque mur constitué de panneaux assemblés par des pattes de fixation, l'ensemble aménagé de deux doubles-portes, d'une large porte coulissante laquée or au verso et d'une corniche lumineuse en décroché\nLe boudoir : Hauteur totale (avec la corniche éclairante) : 344 cm. (135 3/8 in.) ; Largeur : 393 cm. (154¾ in.) ; Longueur : 620 cm. (244 in.)\n- Le mur Est (constitué de neuf panneaux) : 344 x 591 cm. (135 3/8 x 232 5/8 in.) ; La double porte : 275 x 142 cm. (108¼ x 55 7/8 in.) - Le mur Sud (constitué de cinq panneaux) : 344 x 389 cm. (135 3/8 x 153 1/8 in.) ; La double porte : 276 x 143 cm. (108 5/8 x 56¼ cm.)\n- Le mur Ouest (constitué de six panneaux) : 344 x 591 cm. (135 3/8 x 232 5/8 in.) ; La porte coulissante : 245 x 295 cm. (96 1/8 x 116 1/8 in.)\n- Le mur Nord (constitué de sept panneaux) : 344 x 389 cm. (135 3/8 x 153 1/8 in.) ; L'ouverture : 297 x 226 cm. (116 7/8 x 89 in.)\nSigné 'JEAN DUNAND' sur le mur Nord (4)
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notes

Cf. : E. Tisserand, Le Meuble d'Architecture dans L'Art Vivant, 1er septembre 1927, n. 65, p. 692 pour un modèle similaire de plus petite taille, dans un intérieur d'époque

Le fumoir de la Plaine Monceau est un ensemble exceptionnel à plus d'un titre. Hormis sa très grande qualité, c'est l'une des très rares décorations intérieures de Jean Dunand qui nous soit parvenue, non seulement dans sa totalité, mais encore dans un excellent état de conservation, témoignage d'un artiste au sommet de son art. C'est à partir de 1921 que Dunand entreprend la réalisation de paravents et panneaux décoratifs, avant de concevoir, avec succès, son premier véritable aménagement complet pour le fumoir du pavillon d'une 'Ambassade française à l'étranger' lors de l'Exposition Internationale de 1925. Il participe encore à d'autres sections de cette exposition, dont celle des 'Moyens de Transport', où il collabore notamment en tant que décorateur avec le carrossier Binder, qui sera racheté quelques années plus tard par M. Aboucaya, commanditaire des boiseries présentées ici.

Suivront des commandes privées, dont, entre autres, l'appartement-studio de Mme Agnès (1926), le Salon de musique de M. et Mme Solomon Guggenheim (1925/1926) ou l'appartement de Templeton Crocker à San Francisco (1928) - où il travaillera aux côtés de Jean-Michel Frank. 1931 est une année importante. L'État lui commande la décoration d'une partie du grand salon du bâtiment principal de l'Exposition Coloniale, dont le retentissement critique sera important et lui vaudra le Grand Prix. Commencent à la même période les réalisations d'envergure pour les paquebots 'Atlantique' (1931), puis 'Normandie' (1935), un an avant que Dunand ne finalise l'ensemble des boiseries 'Les Palmiers'.

D'un luxe et d'un raffinement extrêmes, ces panneaux jouent d'une sobre composition de lignes pures, et des subtils effets décoratifs contrastés, résultant des différentes techniques - et de leurs contraintes - appliquées à cette matière si exigeante et sophistiquée qu'est la laque. Son esthétique est une référence directe au grand style 1925 et à sa géométrisation des formes en lien avec les courants artistiques de l'époque. Son thème nous rappelle par ailleurs le goût que Dunand manifestera tout au long de sa carrière pour un certain exotisme. En 1932 il est invité à participer à une exposition d'art français organisée à la Résidence de France à Rabat, Maroc. Il voyagera également aux Antilles, autant de sources d'inspiration possibles.

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ENSEMBLE DE BOISERIES DE FUMOIR DITES 'LES PALMIERS', VERS 1930

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JEAN DUNAND - LES BOISERIES 'LES PALMIERS'

À la toute fin du XIXème siècle, la famille Aboucaya quitte l'Algérie et plus précisément Alger pour s'installer à Paris, rue de Monceau dans un immeuble familial qu'elle avait fait construire en 1894, marchant ainsi sur les traces d'autres familles israélites venues du bassin méditerranéen comme les Camondo ou les Ephrussi. Parmi les multiples affaires qu'ils possédèrent et développèrent, les frères Aboucaya firent l'acquisition en 1928 d'un carrossier, un peu comme l'on détiendrait aujourd'hui un vignoble ou une maison de couture.

Les carrossiers étaient à l'époque considérés et décrits dans la presse comme les "grands couturiers de l'automobile" et le demeurèrent jusqu'à l'avènement des voitures de série au début des années 50. Les véhicules qui sortaient de leurs ateliers étaient uniques, puisque dessinés et réalisés à un seul exemplaire. Aussi, tous les détails qui pouvaient à la fois singulariser et individualiser l'aménagement extérieur comme intérieur du véhicule revêtaient une importance capitale.

Leur choix - ou le hasard des affaires - se porte sur la maison Binder située 31, rue du Colisée à deux pas des Champs-Élysées et de l'avenue Franklin Roosevelt. Jean Dunand collabore alors avec ce carrossier, réalisant à la demande la décoration intérieure : les tableaux de bord, les garnitures intérieures des portières, les cendriers. Deux exemples de ces réalisations en laque de chine noire, nacre et coquille d'oeuf sont reproduits sous le numéro 1200 et 1201 dans "Jean Dunand, vie et oeuvre" par Félix Marcilhac (p. 326).

Colette Aboucaya, fille et nièce des précédents, séduite par ces réalisations qu'elle avait pu également admirer à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes à Paris en 1925, le contacte et lui demande de créer les boiseries d'un fumoir pour son appartement de la rue de Monceau.

La collaboration de Jean Dunand et de Gérard Mille, le décorateur de Madame Aboucaya, aboutit en 1930 à la création d'un ensemble extrêmement soigné, témoignage d'un raffinement extravagant et d'un art de vivre d'une époque aujourd'hui révolue. Une forêt géométrique et cubiste figurant des palmiers au ton gris, argent et or avec application de plaques de métal laquées noir gravées de motifs géométriques est coordonnée à un tapis de Ivan da Silva Bruhns reprenant dans les mêmes teintes, le décor des boiseries. Des meubles en laque et galuchat de Katsu Hamanaka, les rideaux et les garnitures en soie de fauteuils d'Hélène Henry complètent l'ensemble. Le grand salon attenant au fumoir est décoré d'un magnifique panneau de Jean Dunand, La conquête du cheval et meublé de sièges par Jules Leleu et René Prou. Après la guerre c'est sous la direction de Bernard Dunand que se poursuivent les aménagements de la chambre à coucher, d'un bureau en marqueterie de paille et des salles de bain.

Cette véritable entreprise de décoration qui s'est étalée sur plusieurs années demeurait inaccessible. Seuls un reportage dans Vogue en 1961 titré l'Art de vivre où étaient reproduites en noir et blanc des vues de l'appartement et l'étude des archives Dunand publiée par Félix Marcilhac conservaient les traces de cette commande en tout point exceptionnelle. C'est en octobre 1997, date de la disparition de son commanditaire, que le contenu de cet appartement apparaçt dans une vente aux enchères à Drouot (Étude Ricqlès - Félix Marcilhac expert). Les boiseries, acquise par un collectionneur français à cette vente, ont figuré ensuite à la Biennale des Antiquaires à Paris en 2000. Elles ont rejoint les Collections du Château de Gourdon où elles étaient exposées au public jusqu'au mois de septembre dernier.

JEAN DUNAND - THE 'PALMIERS' PANELING

At the close of the 19th century, the Aboucaya family left Algeria, and the town of Algiers, to settle in Paris, in an apartment built to their instruction in 1894, thus following in the footsteps of other Mediterranean Jewish families including the Camondo and the Ephrussi. Among the various businesses that the Aboucaya brothers had acquired - as an entrepreneurial investor might today buy a vineyard or a couture house - was a luxury coachbuilder, in 1928. Such firms were perceived and described in the press as 'the grand couturiers of the motorcar', a status they enjoyed until the dominance of mass production in the 1950s. The cars that they produced were one-offs, each custom-made in response to a specific order, and of course considerable importance was attached to every detail that could personalize both the exterior and interior finishing.

The firm of Binder, whose 31 rue Colisée premises were just a stone's throw from the Champs-Élysées and the avenue Franklin Roosevelt, became, by chance or design, the object of their attention. Jean Dunand worked closely at that time with the coachbuilders, supplying such fittings as dashboards, door trims and ashtrays. Two examples of these works in black lacquer, mother-of-pearl and eggshell are illustrated under the numbers 1200 and 1201 in Jean Dunand, vie et uvre by Félix Marcilhac (p. 326).

Colette Aboucaya, respectively daughter and niece of these brothers, was inspired by this work and by other pieces she had seen at the Paris Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes in 1925. She contacted Dunand and commissioned him to create the paneling for the smoking room of her rue Monceau apartment.

A collaboration between Jean Dunand and Madame Aboucaya's decorator Gérard Mille led

to the creation of a scheme of the greatest refinement that bears witness to the luxurious and sophisticated lifestyle of a lost era. The walls evoke an angular, Cubistic stylised forest in shades of grey, silver and gold applied with areas of black-lacquered metal; a carpet by Ivan da Silva Bruhns echoes the tints and motifs of the paneling. The scheme is completed with furniture in lacquer and galuchat by Katsu Hamanaka and curtains and seating upholstery by Hélène Henry. The adjacent grand salon is decorated with a large panel by Jean Dunand, 'La conquête du cheval' and is furnished with seating by Jules Leleu and René Prou. After the war, Bernard Dunand supervised the furnishing of the bedroom, a study lined in straw and the bathrooms.

This significant interior decoration project, completed over a period of years remained private, the only published references to these truly exceptional rooms being a black and white feature in Vogue in 1961 entitled 'L'Art de vivre', and an image from the Dunand archive illustrated in Félix Marcilhac's monograph.

In October 1997, after the death of Mme Aboucaya, the furnishings of her apartment came to auction at Drouot (Étude Ricqlès, with Félix Marcilhac as expert). The paneling was bought by a French collector and subsequently shown at the Paris Biennale des Antiquaires in 2000 where it was acquired for the Collection of the Château de Gourdon, installed and accessible to the public until last September.

creator

Jean Dunand

postlot

'Les Palmiers', a suite of lacquered wood wall paneling, part-combed lacquer in gray, silver and gold, applied with metal panels with engraved black-lacquer, carved with geometric motifs and arranged as stylized palms, the whole assembling to create the four walls of a rectangular room, fitted with two pairs of doors, a pair of sliding doors, and recessed illumination to the upper skirting, by Jean Dunand, for the Paris apartment of Madame Aboucaya, circa 1930, signed 'Jean Dunand' to north wall

The smoking room 'Les Palmiers' from the rue Monceau is exceptional on several counts. Not only is it of outstanding quality of execution, but it is one of the few interior schemes by Jean Dunand to have survived, and to have reached us in an excellent state of preservation that bears full witness to the talents of this artist at his very peak. It was in 1921 that Dunand first started to make lacquer panels and screens, before graduating, with some considerable success, to his first complete interior scheme, a smoking room for a French foreign embassy for the 1925 Exposition Internationale. He worked on other projects for the exhibition, among them his collaboration on the display, within the transport section, of the coachbuilder Binder - the very firm acquired by M. Aboucaya, Dunand's client for the present paneling.

Other private commissions followed, among them the decoration of a studio-apartment for Mme Agnès in 1926, a music room for Mr and Mrs Solomon Guggenheim in 1925-26 and the Templeton Crocker apartment in San Francisco in 1928, where he worked alongside Jean-Michel Frank. 1931 proved an important year with the state commission for the decoration of a grand salon in the centerpiece pavilion of the Exposition Coloniale that attracted a positive critical response and won him the Grand Prix. This was also the first year of his involvement in the decoration of prestigious liners, first the 'Atlantique', then the 'Normandie' in 1935, a year before his completion of the 'Les Palmiers' paneling.

Luxurious and elegant, this paneling exploits a subtle graphic play of lines and an equally subtle interplay of tones and of textures, making fine use of different and demanding techniques within the highly demanding medium of lacquer. The style of the decoration is emblematic of the art of this period in its development of geometric motifs. The theme itself evokes Dunand's life-long appreciation of the exotic. His 1932 invitation to participate in an exhibition of French art in the French Residency in Rabat in Morocco and his travels to the Antilles suggest possible moments of inspiration.

keywords

Jean Dunand , 1930s, geometric, All other categories of objects, all other types of objects, lacquer/japanned, France, Art Deco

department

Books & Manuscripts

dimensions

Le boudoir : Hauteur totale (avec la corniche éclairante) : 344 cm. (135 3/8 in.) ; Largeur : 393 cm. (154¾ in.) ; Longueur : 620 cm. (244 in.) - Le mur Est (constitué de neuf panneaux) : 344 x 591 cm. (135 3/8 x 232 5/8 in.) ; La double porte : 275 x 142 cm. (108¼ x 55 7/8 in.) - Le mur Sud (constitué de cinq panneaux) : 344 x 389 cm. (135 3/8 x 153 1/8 in.) ; La double porte : 276 x 143 cm. (108 5/8 x 56¼ cm.) - Le mur Ouest (constitué de six panneaux) : 344 x 591 cm. (135 3/8 x 232 5/8 in.) ; La porte coulissante : 245 x 295 cm. (96 1/8 x 116 1/8 in.) - Le mur Nord (constitué de sept panneaux) : 344 x 389 cm. (135 3/8 x 153 1/8 in.) ; L'ouverture : 297 x 226 cm. (116 7/8 x 89 in.)

literature

Jean Dunand-Jean Goulden, id., p. 22 pour la vue d'une partie des panneaux dans leur intérieur d'origine ;

Félix Marcilhac, Jean Dunand, Vie et Oeuvre, id., p. 326 pour la photgraphie sus-citée ;

Arts décoratifs du XXème sicèle, catalogue de vente, Scp. François de Ricqlès, Paris, 22 octobre 1997, p. 23 et 24 pour les plans de l'élévation des panneaux dans leur intérieur d'origine et p. 25 pour la photographie sus-citée.

provenance

Boudoir de Madame Aboucaya, commanditaire d'origine vers 1930 ;

Vente SCP. François de Ricqlès, Paris, Arts Décoratifs du XXème siècle, 22 octobre 1997, lot 38 ;

Collection Claude et Simone Dray, Paris ;

Galerie Dutko, Paris.


*Merci de noter que le prix n'est pas recalculé à la valeur actuelle, mais se rapporte au prix final réel au moment où l'objet a été vendu.

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